04 juillet 2011

LE SANG DE L'AGNEAU


Alexandrina Maria da Costa
« Ce sont ceux qui viennent de la grande épreuve : ils ont lavé leurs robes et les ont blanchies dans le sang de l'Agneau ». (Ap. 7, 14)

Présentation

La vie d’Alexandrina Maria da Costa est une source inépuisable d’“eau vive” à laquelle on peut “boire” beaucoup d’eaux très différentes, mais toutes salutaires et sanctifiantes.
Les charismes dont elle a bénéficié sont nombreux et, chacun d’eux mériterait une étude approfondie de la part d’auteurs compétents et versés en ascétique et mystique : ils y trouveraient matière à une réflexion intense, mais aussi des merveilles divines qui les instruiraient dans cette science dont ils sont des maîtres incontestés.
Nous ne possédons pas cette science, mais nous osons en parler et partager avec ceux qui liront ces pages, notre amour envers Alexandrina, “canal” incontestable des grâces et sciences divines. Pour cela même, et pour éviter des commentaires qui pourraient “scandaliser” ceux qui en cette même matière sont des spécialistes, nous utiliserons, tant que cela nous sera possible, les textes de la “Petite Malade de Balasar” qui, plus que nous, même si elle ne possédait que l’instruction primaire la plus rudimentaire, est “doctoresse en sciences divines”, comme Jésus lui-même l’a affirmé à plusieurs reprises.
Le titre donné à ce travail pourra surprendre ceux qui connaissent peu — ou même rien du tout — de la vie et des charismes d’Alexandrina, mais, nous sommes certains que la lecture terminée, ils auront compris le pourquoi du titre et nous espérons également que chacun puisse s’émerveiller de tout ce que le Seigneur a opéré d’extraordinaire et de notable en cette âme d’exception.
Nous n’avons pas le moindre scrupule à affirmer que les écrits d’Alexandrina ne souffrent d’aucun ombre quand placés à côté de ceux des plus grands mystiques de l’Église catholique, tels que sainte Thérèse d’Avila, docteur de l’Église, saint Jean de la Croix, la bienheureuse Angèle de Foligno, sainte Gertrude la “grande” ou sainte Mechtilde d’Hacker-born, car il est facile de remarquer aisément que la “Source” est la même et que par cette raison même la “concurrence” ne se justifie pas.
Alexandrina, tel que l’a dit Jésus, est en vérité une “Maîtresse en Sciences divines”[1].
La matière que nous chercherons à développer ici n’est pas des plus faciles, mais nous espérons qu’avec l’aide de Dieu, la protection et l’inspiration de la bienheureuse Alexandrina, nous pourrons en dire quelque chose et expliquer le charisme extraordinaire que peu ou même aucun mystique — sauf peut-être la bienheureuse Angèle de Foligno — n’a bénéficié : la transfusion du Sang divin comme aliment de l’âme mais aussi du corps de son épouse de Balasar, comme nous le verrons plus loin.
Pour ce qui concerne la bienheureuse Angèle de Foligno, nous avons trouvé dans le livre de ses “Visions et instructions” ce court et unique texte qui fait référence à ce charisme qui ne semble pas avoir duré bien longtemps, étant donné que dans le reste de l’œuvre on n’en trouve pas trace :

« Comme j'étais debout dans la prière, le Christ se montra à moi et me donna de lui une connaissance plus profonde. Je ne dormais pas. Il m'appela et me dit de poser mes lèvres sur la plaie de son côté. Il me sembla que j'appuyais mes lèvres, et que je buvais du sang, et dans ce sang encore chaud je compris que j'étais lavée. Je sentis pour la première fois une grande consolation, mêlée à une grande tristesse, car j'avais la Passion sous les yeux. Et je priai le Seigneur de répandre mon sang pour lui comme il avait répandu le sien pour moi » [2].

Eugenia Signorile, grande spécialiste de la Bienheureuse de Balasar, dans son excellent livre “Seulement par amour !” évoque longuement ce phénomène mystique exceptionnel. Elle l’annonce ainsi :

« Le phénomène de l’Eucharistie réelle donné mystiquement s’était déjà vérifié avec quelques âmes très élevées dans la spiritualité, dotées d’une sensibilité spéciale pour les réalités célestes. Par exemple, sainte Véronique Giuliani, sainte Gemma Galgani, et en 1916 Jésus a choisi la petite Lucie de Fatima pour se donner à elle par l’intermédiaire de l’Ange du Portugal. Mais la bienheureuse Alexandrina reçoit encore un autre aliment pour le corps et pour l’âme : un ensemble de sang, vie, amour, sous la forme d’une vraie transfusion de sang et une effusion d’amour. C’est la première âme mystique à jouir d’un tel phénomène »[3].

L’un des plus grands Docteurs de l’Église, sainte Catherine de Sienne, parle du Sang du Seigneur et de ses effets, en ces termes :

« Ce sang précieux est la source de tout bien ; il sauve et rend parfait tout homme qui s'applique à le recevoir ; il donne la vie et la grâce avec plus ou moins d'abondance, selon les dispositions de l'âme ; mais il n'apporte que la mort à celui qui vit dans le péché. C'est la faute de celui qui vit dans le péché. C'est la faute de celui qui reçoit, et non pas la faute du sang ou la faute de ceux qui l'administrent ; ils pourraient être plus coupables sans en altérer la vertu ; leur péché ne peut nuire à celui qui reçoit, mais à eux seulement, s'ils ne se purifient pas dans la contrition et le repentir » [4].

Nous pouvons — et devons peut-être — nous demander et demander à ceux qui pourraient douter un instant de la véracité d’un  tel charisme : “Que dit l’Évangile à ce sujet ?” La réponse nous surprendrait vraiment. Écoutons ce que nous en dit Jésus Lui-même :

“En vérité, en vérité, je vous le dis, si vous ne mangez la chair du Fils de l'homme et ne buvez son sang, vous n'aurez pas la vie en vous. Qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle et je le ressusciterai au dernier jour. Car ma chair est vraiment une nourriture et mon sang vraiment une boisson. Qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui”[5].

Ce charisme semble avoir été précédé de prémices diverses qui, ne l’annonçant pas — il n’était pas connu — préparaient toutefois sa venue de façon durable.
Il est utile de faire remarquer que les textes tirés des écrits d’Alexandrina que nous allons vous présenter par la suite ne seront pas sortis de leur contexte, car cela risquerait de nuire à la bonne compréhension de ceux-ci et même perturber le lecteur. Il ne faudra donc pas s’étonner si certains seront plus longs que d’autres.
Ces textes seront maintenus dans l’ordre chronologique où ils se trouvent dans le journal spirituel d’Alexandrina.


[1] Sentiments de l’âme : 15 décembre 1944.
[2] Bienheureuse Angèle de Foligno : Visions et révélations ; chap. 14.
[3] Eugénia Signorile: Seulement par amour. ChaP. 9.
[4] Sainte Catherine de Sienne : Dialogue, chap. XIV, 3.
[5] S. Jean : 6, 53-56.

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