28 mars 2011

LA SPIRITUALITE DE PADRE PIO

On cherche Dieu à travers les livres; par la méditation on le trouve.
La vie du chrétien n'est qu'un effort perpétuel contre soi. L'âme ne s'épanouit qu'au prix de la douleur.
A quelqu'un qui craignait de s'être trompé, Padre Pio disait : "Tant que vous avez peur, vous ne pécherez pas." Cette personne ajouta — "Peut-être, mon Père, mais je souffre tellement". Certes, on souffre : mais il faut distinguer entre la crainte de Dieu et la peur de Judas. Trop de crainte nous fait agir sans amour ; trop de confiance nous empêche de pallier, avec une intelligente attention, au danger que nous devons dominer. Elles doivent s'aider l'une l'autre, comme deux sœurs...
Si vous réussissez à vaincre la tentation, c'est comme si vous laviez votre linge sale.
Celui qui ne médite pas — disait-il un jour — m'a tout l'air d'un homme qui ne se regarderait pas dans la glace avant de sortir, peu soucieux de sa tenue, et paraîtrait en négligé, sans le savoir.
La personne qui médite et tourne son esprit vers Dieu, qui est le miroir de son âme, dépiste ses fautes, les corrige de son mieux, modère ses impulsions et met sa conscience en ordre.
Quelqu'un demanda un jour au Père : "Comment peut-on distinguer la tentation du péché ? Comment être sûr de ne pas être tombé dans le péché ? "Le Père sourit et répondit : "Comment distinguez-vous un âne d'un être raisonnable ? — L'âne se laisse guider, tandis que l'être raisonnable tient les rênes. — Parfait, reprit le Père. — Mais pourquoi la tentation, une fois passée, laisse-t-elle une sensation de souffrance ? "Alors le Père donna un exemple : "Avez-vous jamais ressenti les effets d'un tremblement de terre ? Tout était sens dessus dessous, vous aussi, mais vous n'avez pas été enseveli sous les gravats."
Par notre calme et notre persévérance nous trouverons, non seulement nous mais nos âmes, et Dieu Lui même.
Un homme vint un jour prier le Padre de guérir sa mère, lui en montra la photo et dit "Si je le mérite, bénis-la." Père Pio répliqua : "Ma che merito ! En ce monde, nul de nous ne mérite rien. C'est le Seigneur qui est assez aimable, dans son infinie bonté, pour nous combler de ses grâces, parce qu'il pardonne tout."
Padre Pio abhorre la maxime : "Chacun pour soi; Dieu pour tous". C'est trop égoïste, trop de ce monde pour lui. Il lui oppose celle-ci, de son cru " Dieu pour tous : mais personne pour soi seul."
Un jour, "interviewé" sur la pénitence et la mortification, le Père s'exprima en ces termes : "Notre corps, c'est comme un âne qu'il faut battre, mais pas trop : parce que, s'il tombe, qui nous portera ?"
Le démon n'a qu'une porte pour entrer dans notre âme : la volonté ; il n'y a pas d'issues secrètes. Aucun péché n'est un péché sans le consentement. Quand il n'y a pas participation du libre arbitre, il n'y a pas péché, mais faiblesse humaine.
Quelqu'un se lamentait d'être torturé par le souvenir de ses fautes : "Ça c'est de l'orgueil, trancha le Père ; c'est le démon qui vous inspire ce sentiment, ce n'est pas une vraie tristesse. — Mais comment délimiterai-je ce qui vient du cœur, ce qui est inspiré par Notre Seigneur et ce qui, au contraire, ressortit au diable ? — A ce signe, sans hésiter : l'esprit de Dieu est un esprit de paix... L'esprit du démon excite, exaspère, nous injecte une sorte d'angoisse contre nous-même, alors que notre première charité nous concerne d'abord; donc, si certaines pensées vous agitent... tenez pour assuré qu'elles viennent du diable.
A quelqu'un qui avait charge d'âme et lui demandait comment agir envers ceux qui sont sourds aux appels de la vérité et de la bonté, le Padre répondit : "Essayez de les attirer par l'amour et la charité, donnant sans compter, et si vous échouez, grondez-les. Le Christ, notre modèle, a fait le Paradis, mais aussi l'enfer. "Une bonne réprimande est parfois plus nécessaire qu'un aimable rappel à j'ordre.
En certaines circonstances le Padre dit à ses enfants spirituels : "Du pain et des coups aident souvent à faire de beaux garçons."
Un jeune homme lui avoua qu'il craignait de l'aimer plus que Dieu. Ce à quoi le Padre répliqua : "Vous devez aimer Dieu d'un amour infini à travers moi. Vous m'aimez parce que je vous guide vers Dieu qui est le bien suprême. Je ne suis qu'un moyen. Si je vous guidais vers le mal, vous cesseriez de m'aimer."
Signorina Maria Pennisi, un jour, se plaignit de ne pouvoir demeurer loin de Padre Pio tant sa présence la rendait heureuse. Il observa : "Pour les enfants de Dieu il n'y a pas de distance." Comme elle ne paraissait pas convaincue, Père Pio sortit sa montre : "Dites-moi, que voyez-vous au milieu, là ? — Le pivot, mon Père. — Exactement. Le pivot est comme Dieu, inamovible, et les aiguilles courent, reliées au centre, et les aiguilles mesurent le temps. L'espace entre les chiffres et le centre est négligeable, en somme... Dieu est le centre, les chiffres les âmes, mais il y a aussi un Padre Pio qui fait le pont..."
La prudence a les yeux, l'amour les jambes. L'amour qui a les jambes voudrait courir à Dieu, mais son élan est aveugle et l'on trébucherait s'il n'était conduit par la prudence, qui a les yeux...
Une jeune et jolie femme, mariée à un membre du parlement qui mourut très jeune, écrasée de chagrin, souhaitait se retirer du monde et fonder un Ordre. Elle consulta Padre Pio : "Madame, avant de sanctifier les autres songez à vous sanctifier vous-même." Cette dame est aujourd'hui Carmélite.
A un franc-maçon converti, Padre Pio dit : "Tous les sentiments, quelle que soit leur source, ont du bon et du mauvais. A vous de n'assimiler que le bon pour l'offrir à Dieu."
Une dame voulut bien reconnaître qu'elle avait quelque penchant à la vanité, le Père commenta ainsi sa réflexion : "Avez-vous jamais vu un champ de blé en pleine maturité ? Vous remarquez que certains épis se tiennent bien droit ; d'autres ploient vers le sol. Essayez les plus fiers, vous vous apercevrez qu'ils sont vides, mais les fléchissants, les humbles, sont lourds de grain..."
Une dame demanda au Padre quelle prière Dieu appréciait le plus. Le Père répondit : "Toute prière est bonne quand elle est sincère et continue."
On lui répéta des phrases qui lui étaient attribuées. Alors : "On déforme souvent mes dires." Et quand on lui demandait des prières : "Je prierai pour vous. Mais vous, priez pour moi. Priez et priez encore, pour ne pas vous rouiller, pour rie pas me refroidir à votre endroit... Je vous paierai de la même monnaie."
L'homme, dit le Padre, est tellement orgueilleux que lorsqu'il est heureux et puissant, il se croit l'égal de Dieu. Mais, dans le malheur, abandonné à lui-même, il se souvient de l'existence de I'Etre suprême.

Dieu enrichit l'âme qui a fait le vide en elle.

Dans la vie spirituelle on doit toujours foncer, jamais reculer; sinon il arrive ce qui arrive quand un bateau perd son gouvernail, il est refoulé par les vents.
Ce n'est pas manquer de patience qu'implorer de Jésus la fin de nos maux quand ils excèdent nos forces; il nous restera toujours le mérite d'avoir offert notre souffrance...

Le mensonge est la progéniture de Satan.

La manie des "Pourquoi ?" a été calamiteuse pour le monde.

L'humilité est vérité. La vérité est humilité.

Une bonne action quel qu'on soit le motif, a pour mère la Providence.

La prière... est la clef qui ouvre le cœur de Dieu.

N'oubliez pas : l'axe de la perfection, c'est l'amour. Celui qui est centré sur l'amour vit en Dieu, car Dieu est amour., comme dit l'Apôtre.
En mars 1923 une pénitente demandait au Père ce qu'elle devait faire pour se sanctifier. "Dénouez vos liens d'avec le monde." Une amie, sachant la vie retirée qu'elle menait, fit un geste de surprise. Le saint se tourna vers elle et lui dit assez froidement : "Écoutez, on peut se noyer en haute mer, on peut aussi s'étrangler jusqu'à étouffement avec un verre d'eau. Où est la différence ? N'est-ce pas la mort des deux façons ?"
"Souvenez-vous, dit le Padre à un de ses pénitents, que la mère commence à faire marcher son enfant en le soutenant ; mais, plus tard, l'enfant doit marcher seul. Vous devez apprendre à raisonner sans aide."
A une zélatrice qui manifestait son regret de ne rien pouvoir faire pour lui : "Le général est seul à savoir quand et comment employer un soldat. Guettez votre tour."
"Pécher contre la charité, c'est comme si l'on trouait la pupille à Dieu", et il ajouta : "Qu'y a-t-il de plus délicat que la pupille de l’œil ? Péché contre la charité cela équivaut à un crime contre nature."
L'amour et la crainte doivent être connexes : la crainte sans amour devient couardise ; l'amour sans la crainte devient présomption. L'on ne sait plus où l'on va.
Sans obéissance, pas de vertu; sans vertu pas de bien. Sans bien pas d'amour. Sans amour pas de Dieu. Et sans Dieu, pas de Paradis.
Sur une image pieuse représentant la croix le Père écrivit un jour ces mots : "Le bois ne vous écrasera pas ; et si vous chancelez sous le faix, sa Puissance vous redressera."
Pour M. Andrea Lo Guercio, un visiteur venu d'Amérique, sur une reproduction du Sacré-Cœur "Humilité, pureté sont les ailes qui nous enlèvent vers Dieu et nous divinisent, presque. N'oubliez pas : mon sang !”
Un instituteur sicilien, très intelligent, qui enseignait depuis plusieurs années dans un joli bourg non loin de Bologne avait entendu parler de Padre Pio. Mais, rationaliste par principe et réaliste par éducation, rien ne l'attirait au Monte Gargano ; il lui semblait que tous ces racontars relevaient d'une mentalité "mystico-prélogique". Soyons juste, sa répugnance ne visait pas l'homme. Un jour, quelqu'un lui prêta Dal Dubbio alla Fede (Du doute à la foi) d'Alberto del Fante. Le soir du 27 août 1940, après en avoir terminé la lecture, il s'endormit tout plein de son sujet.
Vers trois heures du matin, le sentiment d'une présence le réveilla : en face de lui un Capucin, identique à celui de la couverture du livre, montait la garde. Il se frotta les yeux, pas très rassuré. "Seriez-vous par hasard Padre Pio ? demanda-t-il timidement. — Oui, répondit le moine en s'asseyant sur le bord du lit, parfaitement! Ne vous étonnez pas, ma mission consiste à consoler les affligés, spécialement les affligés en esprit. Je vois que vous cherchez loyalement le bonheur et la vérité, en d'autres termes, Dieu. Pour le bonheur, il faut attendre un peu, cette terre est une vallée de larmes où nous devons porter notre croix. Le bonheur en fait n'est pas de ce monde. Mais Dieu, vous le trouverez si vous voulez. Vous vous êtes trompé de route : la connaissance qui n'a pas pour objet CELUI QUI EST, à quoi bon ? Pauvre chose que la science, mon fils, moins que rien comparée au mystère formidable de la Divinité ! Suivez un autre sentier. Purifiez votre cœur de toute passion humaine. Humiliez-vous, priez, vous obtiendrez, je vous le certifie, la paix en ce monde et la béatitude éternelle. J'AI PARLÉ. Je dois partir, car d'autres malheureux languissent; auparavant, je bénis cette demeure où règnent la bonne volonté et la probité. LOUÉ SOIT JÉSUS-CHRIST !"
Dès que l'évocation eut disparu, l'instituteur sauta de son lit et nota tout ce qui lui avait été dit, tremblant d'oublier. Il lui sembla que l'on guidait sa main quand il n'était pas sûr du mot exact. Le matin, il se mit à feuilleter la Bible, et constata que, les prophètes emploient justement la formule CELUI QUI EST, formule à lui jusque-là inconnue, pour désigner Dieu. Il montra ces feuillets à del Fante qui lui confirma l'emploi fréquent de ce coupant "J'AI PARLÉ" quand un pénitent du Padre lui cherchait de mauvaises raisons. Les derniers mots de l'entretien "LOUÉ SOIT JÉSUS CHRIST" servent généralement de conclusions aux homélies franciscaines.
A signor Natal Selvatici, de Bologne, Arcovegio 1084 "N'oubliez pas que l'homme a un esprit, qu'il a un cerveau pour raisonner, un cœur pour sentir, qu'il a une âme. Le cœur peut être commandé par la tête, mais pas l'âme. Ainsi doit-il exister un Etre suprême qui la dirige..."
Dans la vie de l'esprit, plus on court moins on s'essouffle ; comme un prélude à l'éternelle paix, la joie décuple l'ardeur du fort autant que son ascèse l'épanouit.
A un pénitent qui avait précédemment vécu dans le vice, et qui lui demandait si, en changeant de vie, il obtiendrait son pardon et mourrait dans la foi, il répondit : "Les portes du paradis sont ouvertes là toute créature. Souviens toi de Marie-Madeleine."
A Signorina Carmencita Borgognos, secrétaire Je l'Action catholique à la paroisse de Cartegna, Espagne, avait écrit à Padre Pio ; il lui fit savoir qu'elle n'avait qu'à frapper à la porte du tabernacle, suppliant Jésus de l'aider en sa tâche d'apostolat et conclut : "La charité est l'étalon auquel Notre Seigneur mesure toutes choses."

Le temps qu'on perd en l'honneur de Dieu à récupérer des âmes n'est jamais bêtement perdu.

Enfouissez au fin "fond de votre esprit les, paroles de Notre Seigneur ; à force de patience, vous posséderez votre âme." Appelez-en à Dieu quand votre croix vous meurtrit... Vous imitez ainsi le Fils qui, à Gethsémani, implora quelque allégement. Mais, comme lui, soyez prêt à dire : Fiat !
Jésus vous guide vers le ciel par champs ou par déserts, quelle importance ?... Arrangez-vous avec les épreuves qu'il Lui plait de vous envoyer comme si elles devaient être les compagnes de toute votre vie... Au moment où vous vous y. attendrez le moins, les voilà résolues...

Les grands cœurs ignorent les griefs mesquins.

L'attrait de la paix éternelle est légitime et saint, mais doit être modéré par une totale résignation aux desseins du Très-Haut : mieux vaut accomplir la Volonté divine sur la terre que se réjouir au Paradis. "Souffrir et ne pas mourir" était le leitmotiv de sainte Thérèse. Le Purgatoire est un lieu de délices quand on le subit par choix d'amour.

Le démon est comme un chien à la chaîne; gardez vos distances, vous ne serez pas mordu...

Tentations, tracas, soucis, sont les armes de notre ennemi. N’oubliez pas : s'il fait tant de bruit, c'est signe qu'il est dehors et pas dedans. Ce qui doit nous effrayer, c'est que la paix et l'harmonie règnent entre notre âme et le démon.
Les tentations émanent de l'ignoble et des ténèbres; les souffrances du sein de Dieu : les mères arrivent de Babylone, les filles de Jérusalem. Méprisez les tentations, recevez les vicissitudes à bras ouverts. — Non. enfant, non ! Laisse le vent souffler : tu confondais le friselis des feuilles avec L'écho de la bataille.

Golgotha. Un sommet dont l'escalade nous réserve une vision béatifique de notre cher Sauveur.

Si Jésus se manifeste à vous, remerciez; s'il se dérobe, remerciez. C'est tout le jeu d'amour pour nous attirer suavement à son Père. Persévérez jusqu'à la mort, jusqu'à la mort avec le Christ sur la Croix.
Non seulement la divine Sollicitude ne repousse pas les âmes repentantes, mais elle part à la recherche des plus endurcis.
Le don sacré de la prière est dans la droite du Verbe, notre Sauveur; selon que vous videz votre Moi de vous même, c'est-à-dire de l'attachement des sens et de votre volonté propre, vous enracinant en la sainte humilité, le Seigneur parle à votre cœur.
Pratiquez avec persévérance la méditation, à pas menus, en attendant que vous ayez de bonnes jambes, ou plutôt des ailes... Ainsi de l’œuf pondu dans la ruche, qui deviendra tôt une abeille adulte, industrieuse de miel.
Le cœur de notre divin Maître ne connaît que la loi d'amour, de douceur, d'humilité. Mettez votre confiance en la divine bonté de Dieu, et soyez assuré que la terre et le ciel manqueront plutôt que la protection de votre Sauveur.
Cheminez simplement dans les voies du Seigneur, ne vous torturez pas l'esprit... Vous devez haïr vos péchés, mais avec une calme assurance, non pas avec une inquiétude lancinante...
Reposez comme la Vierge au pied de la Croix et vous serez consolés. Même là, Marie n'était pas abandonnée. Au contraire, son Fils l'aima plus encore pour ses souffrances.

Extraits du livre de C. Mortimer. Carty : PADRE PIO le stigmatisé.

05 mars 2011

IMITATION DE JESUS-CHRIST - II

LIVRE PREMIER

AVIS UTILES POUR ENTRER DANS LA VIE INTERIEURE

2. Avoir d'humbles sentiments de soi-même

1. Tout homme désire naturellement de savoir; mais la science sans la crainte de Dieu, que vaut-elle ?

Un humble paysan qui sert Dieu est certainement fort au-dessus du philosophe superbe qui, se négligeant lui-même, considère le cours des astres.

Celui qui se connaît bien se méprise, et ne se plait point aux louanges des hommes.

Quand j'aurais toute la science du monde, si je n'ai pas la charité, à quoi cela me servirait-il devant Dieu, qui me jugera sur mes oeuvres ?

2. Modérez le désir trop vif de savoir; on ne trouvera là qu'une grande dissipation et une grande illusion.

Les savants sont bien aise de paraître et de passer pour habiles.

Il y a beaucoup de choses qu'il importe peu ou qu'il n'importe point à l'âme de connaître; et celui-là est bien insensé qui s'occupe d'autre chose que de ce qui intéresse son salut.

La multitude des paroles ne rassasie point l'âme; mais une vie sainte rafraîchit l'esprit et une conscience pure donne une grande confiance près de Dieu.

3. Plus et mieux vous savez, plus vous serez sévèrement jugé, si vous n'en vivez pas plus saintement.

Quelque art et quelque science que vous possédiez, n'en tirez donc point de vanité; craignez plutôt à cause des lumières qui vous ont été données.

Si vous croyez beaucoup savoir, et être perspicace, souvenez-vous que c'est peu de chose près de ce que vous ignorez.

Ne vous élevez point en vous-même, avouez plutôt votre ignorance. Comment pouvez-vous songer à vous préférer à quelqu'un, tandis qu'il y en a tant de plus doctes que vous, et de plus instruits en la loi de Dieu ?

Voulez-vous apprendre et savoir quelque chose qui vous serve ? Aimez à vivre inconnu et à n'être compté pour rien.

4. La science la plus haute et la plus utile est la connaissance exacte et le mépris de soi-même.

Ne rien s'attribuer et penser favorablement des autres, c'est une grande sagesse et une grande perfection.

Quand vous verriez votre frère commettre ouvertement une faute, même une faute très grave, ne pensez pas cependant être meilleur que lui; car vous ignorez combien de temps vous persévérerez dans le bien.

Nous sommes tous fragiles, mais croyez que personne n'est plus fragile que vous.

04 mars 2011

FUMEES DE SATAN

Un vieux document, mais toujours actuel...
 
« Devant la situation de l'Église d'aujourd'hui, nous avons le sentiment que, par quelques fissures, la fumée de Satan est entrée dans le peuple de Dieu. Nous voyons le doute, l'incertitude, la problématique, l'inquiétude, l'insatisfaction, l'affrontement. On n'a plus confiance dans l'Église, mais on la met dans le premier prophète profane venu qui vient vous parler d'un mouvement social […]
 
Le doute est entré dans les consciences et il est entré par des fenêtres qui devraient être ouvertes à la Lumière. La critique et le doute sont venus de la science, pourtant faite pour nous donner des vérités qui non seulement ne nous éloignent pas de Dieu, mais le font chercher encore davantage et le célébrer encore plus intensément… […]

L'enseignement devient source de confusion et de contradictions parfois absurdes. On célèbre le progrès pour devoir ensuite le démolir…[…]

On croyait qu'après le concile, le soleil brillerait sur l'Église, mais au lieu du soleil, nous avons eu les nuages, la tempête, les ténèbres, la recherche, l'incertitude…

Nous prêchons l'œcuménisme, et nous nous séparons toujours davantage les uns des autres ; nous cherchons à creuser des abîmes au lieu de les colmater…

Comment cela a-t-il pu se produire ?

Une puissance adverse est intervenue, dont le nom est le diable : cet être mystérieux dont saint Pierre fait allusion dans sa lettre. […] Nous croyons à l'action de Satan qui s'exerce aujourd'hui dans le Monde, précisément pour troubler, pour étouffer les fruits du concile œcuménique et pour empêcher l'Église de chanter sa joie d'avoir repris pleinement conscience d'elle-même…»

Paul VI