15 août 2010

INCENDIE DE L'AMOUR

PROLOGUE

En m'éveillant je sens mon âme environnée de ténèbres glaciales et privée de dévotion. Je m'efforce donc de l'échauffer, de l'embraser et de l'élever par un désir ardent au-dessus des choses de la terre. En effet, ce n'est point au milieu d'un repos trop prolongé que l'abondance de l'amour éternel s'est répandu en moi ; ce n'est point lorsque j'ai été surchargé d'occupations corporelles et accablé des fatigues du voyage, qu'il m'a été libre de goûter les saintes ardeurs de l'esprit ; ce n'est point non plus lorsque j'ai été outre mesure comblé de conso-lations et que je m'y suis livré comme si elles eussent dû être mon unique par-tage. Non, au milieu de tout cela je me suis senti refroidir, et j'ai compris qu'il me fallait mettre de côté tout ce qui extérieurement m'était un obstacle ; que tous mes efforts ne devaient tendre qu'à me placer sous le regard du Sauveur, et que ma demeure était au milieu des parfums de son cœur.

J'offre donc ce livre, non aux philosophes, ni aux sages du monde, ni aux grands théologiens entièrement appliqués à des questions d'un ordre inférieur, mais aux hommes grossiers et aux gens sans savoir, à ceux qui cherchent plu-tôt à aimer Dieu qu'à connaître beaucoup de choses. Car ce n'est point dans les disputes, mais dans l'action qu'on apprend l'art d'aimer. Aussi suis-je persuadé que les matières contenues en cet ouvrage ne peuvent être comprises par des hommes versés en tout genre de science, mais faibles en l'amour de Jésus-Christ. Ce n'est donc point pour eux que j'ai entrepris d'écrire, à moins qu'ils ne mettent de côté et n'oublient tout ce qui tient au monde pour se dévouer sans réserve à leur Créateur et ne soupirer qu'après lui. Mais pour cela il faut commencer par fuir toute dignité terrestre, et abhorrer toute ostentation de la science et toute vaine gloire. Ensuite prenant pour partage la pauvreté la plus profonde, ils doivent s'appliquer sans cesse au divin amour par la prière et la méditation. Alors une étincelle de la vertu incréée fera briller sa lumière en leur âme et disposera leur cœur à recevoir cet embrasement qui dissipe toute obscurité, ils s'élèveront au-dessus de ce qui est temporel et se tiendront au pied du trône suprême dans le comble de la paix.

En effet, plus on est savant, plus on est apte à aimer, ou du moins plus on le serait si l'on savait se mépriser soi-même et trouver son bonheur à être méprisé des autres. Or, puisque j'entreprends d'exciter ici tous les hommes à l'amour et à ce qu'il y a de plus ardent en l'amour, à l'amour surnaturel, je m'efforcerai de répondre à ce but. Que ce livre ait donc pour titre : L'Incendie de l'amour.

Saint Bonaventure de l'Ordre des Frères Mineurs
Cardinal-Évêque d'Albano – Docteur de l'église

21 avril 2010

SEPT NOUVELLES BÉATIFICATIONS

Le pape approuve sept béatifications, dont 4 prêtres


ROME, Mercredi 14 avril 2010 (ZENIT.org) – Le P. Jerzy Popieluszko et « Lolo » le journaliste espagnol, vont être béatifiés d'ici le mois de juin, ainsi que 5 autres « vénérables », avec « l'approbation » de Benoît XVI, annonce le bureau des célébrations liturgiques pontificales.

Parmi eux, quatre témoins de la sainteté sacerdotale : le P. de Hoyos, jésuite espagnol, le P. Angelo Paoli, carme italien, un capucin catalan, le P. José Tous y Soler, et le prêtre diocésain polonais martyr, Jerzy Popieluszko.

Les trois autres futurs bienheureux sont un laïc, journaliste espagnol, Manuel Lozano Garrido, dit « Lolo » et deux religieuses italiennes, Teresa Manganiello et Maria Pierina De Micheli.

Par ordre chronologique, voici les 7 prochaines béatifications :

– Dimanche prochain, 18 avril, en Espagne, à Valladolid, béatification d'un prêtre jésuite, le P. Bernardo Francisco de Hoyos, à 10 h 30 en la cathédrale ;

– Dimanche 25 avril, en Italie, à Rome, en la basilique Saint-Jean-du-Latran, béatification d'un prêtre italien, Carmes de l'antique observance, le P. Angelo Paoli, à 10 h ;

– Dimanche 25 avril également, en Espagne, à Barcelone, un prêtre capucin catalan, le P. José Tous y Soler, fondateur des Sœurs capucines de la Mère du Divin pasteur, à 10 h 30 en la basilique Santa Maria del Mar ;

– Samedi 22 mai, en la solennité de la Pentecôte, en Italie, à Bénévent, béatification de sr Teresa Manganiello, vierge, tertiaire franciscaine, inspiratrice de la congrégation des Sœurs Franciscaines Immacolatines, à 16 h en la basilique Santa Maria delle Grazie ;

– Dimanche 30 mai, solennité de la Sainte Trinité, en Italie, à Rome, béatification de sr Maria Pierina De Micheli, vierge, de l'Institut des Filles de l'Immaculée Conception de Buenos Aires, en la basilique Sainte-Marie-Majeure, à 10 h ;

– Dimanche 6 juin, en Pologne, à Varsovie, béatification du P. Jerzy Popieluszko, prêtre et martyr, à 11 h sur la place du Maréchal Joseph Pilsudski ;

– Samedi 12 juin, en Espagne, à Jaen, béatification de Manuel Lozano Garrido, laïc, à 19 h 30 à la Feria dell'Eriazos de la Virgen a Linares.

25 mars 2010

UNE MINUTE AVEC ALEXANDRINA

En quoi consiste-t-elle?


A partir du 1er avril, en France, en Belgique et aux Pays-Bas, beaucoup de cou-vents qui pratiquent l'adoration Eucharistique vont ajouter une minute sup-plémentaire d'adoration, au cours de laquelle, ils proposent de s’unir aux in-tentions de la bienheureuse Alexandrina, la “gardienne” des Tabernacles . Mais la minute supplémentaire ne sera pas limitée aux moines et aux moniales, car un grand nombre de laïcs y participeront également et, par le biais des blogs et des sites, qui en rendront compte de cette dévotion toute particulière, tout se-ront informés régulièrement, afin que cette action soie connue de tous, jus-qu’aux “confins du monde”. La minute supplémentaire, multiplié par les mil-liers de personnes qui s’y engeront, sera ainsi comptabilisée en milliers d’heures supplémentaires d’adoration, ce qui procurera, nous n’en doutons pas, une grande satisfaction à notre chère Bienheureuse.

Durant le mois de Juillet ou Août — la date exacte n'est pas encore définitive-ment fixée — nous allons installer à Paray le Monial, la ville où Jésus est apparu à sainte Marguerite-Marie, un stand dédié à la Bienheureuse Alexandrina. Notre objectif est d'informer les milliers de personnes qui s’y réuniront, qui était Alexandrina de Balasar et quelle a été sa mission première.

Nous allons distribuer une carte — type carte bancaire — contenant sur une face une image de la Bienheureuse et sur l’autre face, une courte prière eucharistique.

SITES :

http://alexdiffusion.free.fr/
http://alexandrina.balasar.free.fr/
http://alexandrinabalasar.free.fr/
http://nouvl.evangelisation.free.fr/
http://voiemystique.free.fr/
http://lieudepriere.free.fr/

BLOGS :

http://alexandrina-de-balasar.blogspot.com/
http://alex-balasar.blogspot.com/
http://mistica-e-misticos.blogspot.com/
http://nouvelle-evangelisation.blogspot.com/
http://voie-mystique.blogspot.com/
http://a-jesus-par-marie.blogspot.com/
http://a-jesus-por-maria.blogspot.com/

06 mars 2010

GETHSÉMANI

L'AGONIE DE JÉSUS


Le texte qui va suivre fait partie de ces textes extraordinaires qui “peuplent” le Journal spirituel de la bienheureuse Alexandrina Maria da Costa que tous appellent volontiers Alexandrina de Balasar.
Alexandrina vivait la passion chaque vendredi et, après ce “vécu” très réaliste, et en extase, elle s’entretenait avec le Seigneur. Voici donc l’un de ces textes qui peut servir de méditation pour ce temps de carême.

*****

Mon âme a vu Jésus descendre les escaliers vers le Jardin des Oliviers. J’ai vu et j’ai senti la Petite-Maman, en bas des escaliers, enveloppée d’un manteau, les yeux pleins de larmes, fixer Jésus qui était déjà loin.
Quelle triste séparation !
Quelle douleur que celle de Jésus se séparant de sa Mère !
Il savait très bien que dans quelques heures, elle chercherait à l’embrasser, à le serrer dans ses bras, à le réconforter un peu, sans pouvoir le faire.
Je courre vers les souffrances avec une grande avidité de les saisir et en même temps il me semble qu’elles me fassent pleurer des larmes de sang que j’aimerais cacher.

Ô horreur, épouvantable horreur !
Je veux souffrir et je veux fuir la douleur.
Plus je souffre, plus je désire souffrir, mais je souffre terriblement. J’aime la douleur, je la veux, et pourtant j’en ai la plus grande terreur.
Tout me cause horreur : la mort, l’abandon, ô mon Dieu !
Je voyais les oliviers du Jardin, la lune pâlie et la brillance triste, comme triste était aussi le divin Cœur de Jésus. Tout paraissait triste parmi les branches des oliviers et, une telle tristesse invitait au silence et au recueillement.
À genoux, je lève mes yeux vers le Père éternel ; je lui fais mon signe de tout accepter. Je baisse les yeux, je me recueille en moi-même et j’étreins l’univers contre mon cœur. Je m’offre à la mort. J’attends mon heure.
Je sens et je vois les tourments qui m’attendent. Je sens que je suis prise comme cible : les pierres me blessent le cœur.
Combien de larmes de chagrin et de honte en me voyant revêtue de toutes les immondices et de me trouver dans un tel état en présence du Père éternel !
Prosternée jusqu’à terre, je sentais des tels déchirements et de telles secousses dans tout mon corps, que j’avais l’impression que les os allaient bientôt se rompre. C’était l’épouvante, c’était le pressentiment des souffrances...
Je suis écrasée entre le ciel et la terre ; je suis toute transformée et plongée dans les ténèbres.

Quelle chose horrible, mon Jésus !
J’ai peur de moi-même.
Qui sans Jésus pourrait supporter tant d’affliction ?
Qui pourrait vivre et cheminer à travers une obscurité si noire
sans garder les yeux fixés sur Jésus ?

L’amour me pousse vers la souffrance.
Les lèvres clos, les yeux fermés, je me dis à moi-même : “Je vais vers la mort”.
Je sens que je ne peux pas résister à tout...
Je ne peux plus rester sur cette terre...
Je veux laisser le monde et l’emporter avec moi ;
je n’en veux pas, mais je l’aime ;
je ne lui appartiens pas mais il est à moi ;
je déteste tout ce qui est du monde,
mais je veux embrasser le monde au point de ne plus le laisser...
Je veux entrer au ciel, mais avec toute l’humanité.

Mon âme pleure en silence,
elle cache ses gémissements,
elle voit les noires ténèbres de la mort,
elle voit déjà comment tous se préparent
pour me capturer et m’ôter la vie, coûte que coûte.

Jardin des Oliviers, Calvaire, mort, cruauté et détresse.

Combien énorme est le rocher mondial qui cache le ciel !
Combien souffrent mon corps et mon âme !
Combien Jésus a souffert ! Ingratitude du monde...

Il avait un regard très triste et il pleurait à grosses larmes…

Il a pleuré longtemps : son regard était triste : je sentais le déchirement de mes veines et une angoisse de mort.

Alexandrina Maria da Costa : “Sentiments de l’âme”.

20 février 2010

C’EST L’HEURE! -

LA DERNIÈRE JOURNÉE

C’est l’Heure !

C’est l’Heure de Jésus, l’Heure tant attendue que le Maître mentionnait souvent à ses disciples quand un danger se présentait. Alors, ce n’était pas l’Heure ; il n’y avait donc rien à craindre. Mais aujourd’hui, c’est l’Heure. Aujourd’hui Jésus va vivre le premier Jeudi-Saint.
Aujourd’hui, c’est un jour très particulier : c’est à la fois un jour d’attente douloureuse pour Jésus, mais aussi de grande joie, car ce soir, Il inventera l’Eucharistie. Ce jour, Jésus “l’a désiré d’un grand désir, pour manger la Pâque avec ses disciples avant de souffrir...” et donner son corps et son sang, qu’Il partagera ensuite avec tous les hommes, tout au long des siècles du monde. Ce jour, c’est le jour de l’Eucharistie. Demain, ce sera sa Grande Passion et notre salut.
Nous allons essayer de suivre le Seigneur durant tout ce jour. Jésus sait qu’Il va mourir ; dans moins de vingt quatre heures, tout sera accompli. Jésus connaît, ou pressent les tortures qui L’attendent. Il sait que son ami, Judas, “va lever le pied contre Lui” et Le trahir, et Le livrer aux mains de ses ennemis. Jésus sait...
Jésus, sait.
Il sait que ses apôtres, oubliant toutes leurs présomptueuses promesses de Le défendre et de mourir avec Lui, vont s’enfuir. Même Pierre, son Roc, va Le renier. Seul Jean, encore un enfant, va rester avec Lui et sa Mère. Jésus, sait qu’Il va sauver le monde, mais Il sait aussi que beaucoup d’hommes refuseront son Amour. Et cela Lui brise le Cœur.
Matin du premier Jeudi-Saint...
Jésus a encore une longue journée à attendre avant que se réalise son Grand Sacrifice. Toutes les journées d’attente sont pénibles, surtout quand on sait qu’elles doivent conduire à la mort. Jésus sait que ses amis et que la plupart de ses disciples, Il ne les reverra plus, avec son corps mortel, que chez Anne et Caïphe, chez Pilate, sur son Chemin de Croix ou au pied de la Croix...
“Au revoir” aux femes…
Jésus semble errer dans Jérusalem ; mais non, Il frappe à la porte de la maison du Cénacle où se sont réunies les femmes qui L’ont accompagné, qui L’ont servi pendant de longs mois : Il vient leur dire : “Adieu !” Un court dialogue s’engage :
— Mes amies, maintenant je dois partir, je dois rejoindre le Père. Je vous reverrai, mais plus tard, après la grande tourmente. Dans la paix, disons-nous adieu, non pas un adieu définitif, mais “à Dieu”, car voici que je vais au Père.
Les femmes se pressent autour de Jésus. Quelques-unes risquent des conseils inquiets de mères angoissées :
— Surtout, Jésus, sois prudent...
Les femmes écoutent Jésus et pleurent. Elles pleurent, mais elles ne savent pas très bien pourquoi. Plus fines que les apôtres, elles pressentent que quelque chose de grave se prépare, mais elles ne savent pas quoi: alors elles se contentent de pleurer et de L’aimer.
Jésus va aussi chez Lazare

Jésus va aussi chez Lazare, ressuscité depuis peu. Il va chez Lazare pour que, demain et les trois jours suivants, et quoi qu’il arrive, ce dernier reste chez lui, afin qu’il puisse, le moment venu, accueillir les disciples désemparés...
Jésus va vers Lazare, ressuscité ; Il va vers Lazare qui, bien malgré lui, sera en quelque sorte cause de sa mort sur la Croix. Et en parlant avec Lazare, Jésus doit repenser à bien des choses. Il doit repenser à ses tentations au désert. Il doit repenser à la tentation terrible que Lui présenta l’Être de mensonge : arriver à Jérusalem d’une manière spectaculaire, monter sur le toit du Temple et se jeter en bas porté par les anges...
Oui, Jésus doit certainement repenser à tout cela et se redire que le spectaculaire ne convertit pas ceux qui ne veulent pas être convertis. Ainsi, la résurrection de Lazare sera le prétexte retenu pour L’éliminer, et Il doit probablement entendre les cris des prêtres et des docteurs : “Qu’allons-nous faire ? Tout le monde court vers Lui. Cet homme fait de nombreux miracles, et cette prétendue résurrection de Lazare ! Si nous Le laissons agir ainsi, tout le monde croira en lui...”
Jésus va vers Lazare qu’Il a ressuscité. Il lui demande le service d’accueillir ses apôtres meurtris et humiliés. Ensuite, Il fait ce qu’il faut pour que les apôtres puissent préparer la Pâque, selon ses désirs. Enfin, Jésus se met à parcourir Jérusalem: curieusement tout est calme. Même ceux du Temple semblent moins hargneux, moins haineux. C’est tellement évident que les apôtres, ce soir, se demanderont ce que Jésus peut redouter: personne ne veut sa mort, c’est son imagination qui travaille trop... parce qu’Il est fatigué et qu’Il ne mange presque plus depuis quelques jours... Pauvres apôtres qui ne sentiront pas l’intensité dramatique de la dernière Cène !

Les miracles de Jésus qui irritent le Sanhédrin

Oui, ce sont les miracles de Jésus qui irritent le Sanhédrin et déclenchent leur haine... C’est à cause de la résurrection de Lazare, que d’ailleurs ils nient, qu’ils veulent Le faire mourir. Quelle méditation pour nous, que leur attitude! C’est vrai: Jésus pourrait multiplier les miracles de nos jours, un très fort pourcentage de nos contemporains trouverait toutes sortes de bonnes raisons pour refuser ses avertissements. L’endurcissement des cœurs est quelque chose de bien difficile à comprendre, mais on est cependant obligé de le constater.

Jésus va aussi vers la Maman

Jésus va aussi vers la Maman: Elle, Elle comprend tout de suite que l’Heure est arrivée, l’Heure redoutable pour laquelle Il est venu, l’Heure terrible qu’Il désirait tout en la redoutant. La Maman comprend. Pas de révolte chez Marie, juste une immense souffrance, car elle est toujours la servante du Seigneur. Mais Marie ne peut retenir ses larmes. Alors, Jésus la prend dans ses bras et la console avec des mots d’amour. Et Jésus lui confie ses disciples : qu’elle les aide quand ils seront revenus de leur aveuglement. Qu’elle les accueille avec amour : aujourd’hui, ils ne savent pas ce qu’ils font, car c’est aussi l’heure de la puissance des ténèbres...
Jésus, pour l’instant c’est l’heure de la puissance des ténèbres, mais tout à l’heure ce sera l’Heure de ta glorification, l’Heure de l’Eucharistie, l’Heure merveilleuse de ton Amour.

Paulette Leblanc, Écrivain, collaboratrice à “Voir Mystique”: Le serviteur souffrant.

18 février 2010

LA MORT MYSTIQUE

Comment Alexandrina l'a vécue...

J'ai senti mon âme se libérer de la terre et monter plus haut, ne restant pour vivifier mon corps, qui est resté en bas, que comme un courant électrique qui maintenait l'union entre les deux. Cette libération a beaucoup coûté à mon corps dont les yeux se fixaient en Jésus crucifié pour alléger ses douleurs. Malgré cela toute mon âme se sentait dans la confortable tranquillité de ma Petite-Maman, qui supportait avec moi son divin Fils mort.
Ce fait a éclairé mon intelligence, me donnant à connaître que ce que Jésus m'a promis le 15 août 1943, s'est réalisé non sous la forme que je jugeais la plus naturelle, c'est à dire, que j'aurais été pour toujours au ciel, mais que j'y allais pour revenir.
Cet éclaircissement n'a pas été l'impression d'un moment, mais bien une nouvelle transformation qui s'est opérée en moi et qui m'a obligée a dire que certainement je ne devrais pas mourir, mais que Jésus se référait certainement à ce nouvel état de l'âme.
Je me suis convaincue de telle manière, que plus jamais je n'ai pensé qu'il arriverait, au jour fixé par Jésus, la mort réelle.

Alexandrina Maria da Costa: Sentimùents de l'âme; février 1944.

15 février 2010

MEDITATIONS POUR LE CARÊME

Ma douleur a des yeux...

Ténèbres de la nuit, horreurs de la mort ! Continue, Jésus, le cri de la douleur, écoutez, c'est elle qui pleure, c'est elle qui en criant Vous appelle au secours. Jésus, c'est la douleur qui sent la douleur, c'est la douleur, qui n'a pas d'autre vie que la douleur :

Tout mon Jésus, tout est descendu dans la tombe, et est passé dans l'éternité. Je ne vois pas de lumière ; il me semble, ô mon Dieu, que jamais je n'ai connu de lumière, je ne sais pas ce que c'est qu'un clair de lune, la lumière du soleil, ni le scintillement des étoiles. Je ne sais pas ce qu'est la vie, ni l'amour de Jésus. Ô mon Dieu ! Comment est-ce possible cet état qui a la vie, qui a un cœur qui peut ressentir les choses, et que ressent-il ? Il sent qu'il a été déchiré et transpercé par une dure lance, sent qu'il ne peut plus être aussi profondément blessé, sent qu'après avoir été aussi maltraité, qu'il y avait encore d'autres cœurs qui l'ont encore empalé avec une autre solide lance, ravivant les souvenirs de la petite Maman des douleurs. Quelle grande cruauté et ingratitude. C'est ce que j'ai été pour Vous et pour ma petite Maman !

Mais plus encore ma douleur a des yeux qui pleurent des larmes de sang, et pleurent continuellement dans une grande amertume, ma douleur a des pieds, des mains pour être crucifiés, a une tête pour être couronnée d'épines jusqu'à pénétrer les oreilles, douleur envahissant tout mon corps. Jésus je suis dans la peur, je ne sais pas ce qui présage ma douleur. Ah quelle horreur, tout est tourmente, menaces, j'entends siffler les vents, les terribles échos du tonnerre, menaces de destruction, tous ont fui effrayés, et moi toute seule au milieu de la mer, sans bateau, sans gouvernail et sans lumière, prête à plonger pour toujours dans les abîmes de la mer. Horreur, horreur ! La tempête déchire les nuages, le Ciel s'ouvre et se révolte contre la terre. Mon Dieu, mon Jésus, qu'est-ce qui m'attend encore ? Entre Vos saints bras je m'en remets.

Bse. Alexandrina Maria da Costa: Sentiments de l'âme, 27 juillet 1944