09 juin 2009

LANGAGE DES MYSTIQUES

Expériences exceptionnelles

J'avoue que le langage de Ruysbroeck me trouble parfois, surtout lorsqu'il veut décrire ce qui se passe lorsqu'une âme atteint les plus hauts degrés de la contemplation mystique. Ses expressions rejoignent curieusement celles employées par d'autres mystiques ayant vécu des expériences comparables; mais souvent les mystiques que j'ai étudiés plus longuement ne savent pas comment s'expliquer et avouent qu'ils n'ont pas les mots pour s'exprimer, pour expliquer ce que leurs supérieurs leur ont parfois demandé d'écrire. Mais voici qu'il me semble comprendre un peu mieux.
Tout d'abord, considérons l'origine du langage humain. Voici un objet courant que tout le monde connaît, peut voir et toucher. On le montre, puis, un jour, un mot surgit. Il n'y a plus besoin de faire des gestes, il suffit de dire ce mot et tout le monde comprend et sait de quoi l'on parle. On ne crée des mots qu'à partir de ce que beaucoup de personnes connaissent parfaitement.
En ce qui concerne les expériences mystiques c'est très différent. Ces expériences sont exceptionnelles, et peu de gens savent de quoi il s'agit en vérité. Il n'y a aucun constat concret pour la société courante; donc il n'y a pas de mot pour exprimer un tel fait, car même si un mystique inventait un mot, personne ne comprendrait de quoi il s'agit. On comprend alors que tel ou tel mystique ait renoncé à s'expliquer, car il n'a pas de mot pour le dire. Ruysbroeck, par contre, a essayé de faire comprendre en quoi consistait une expérience mystique authentique; mais pour réussir à se faire comprendre, il utilise des mots courants qu'il tente d'adapter aux expériences inexprimables de l'union à Dieu, ou du bonheur en Dieu, et l'on aboutit à l'utilisation de mots courants qui restent cependant relativement vagues ou imprécis, et qui peuvent parfois troubler le lecteur.
Ruysbroeck ne peut pas préciser ce qu'est l'union à Dieu, le bonheur en Dieu, alors il dit que celui qui arrive, par exemple, au sixième degré de l'échelle mystique, et au-delà, s'écoule dans la substance de Dieu, se perd et se fond dans son essence pour s'y dissoudre... Mais cela reste forcément flou voire inquiétant: si l'âme se dissout en Dieu, dans l'essence de Dieu, que reste-t-il de son individualité, de sa personnalité. On pense un peu aux boudhistes qui se perdent dans le Grand Tout[1], quand ils ont atteint le Nirvana. Or cela est contraire à notre foi chrétienne...
Certains mystiques, assez nombreux, ont pris l'exemple d'une goutte d'eau qui se perd dans l'océan. Mais la goutte d'eau disparaît, et il est impossible de la retrouver. Tout cela est également très inquiétant, et on se prend à avoir peur de la mort qui n'est que le passage vers la dissolution de son être personnel. Je me perds; je bute sur toutes ces questions. À la limite, Ruysbroeck m'épouvante. J'ai besoin de concret, et ses abstractions, inévitables, me gênent. Mais voici que curieusement, de nouveau mon esprit est orienté vers la science moderne.
L'océan, la goutte, l'eau. La goutte d'eau, ce n'est rien pour l'océan, et pourtant, dans l'océan, il n'y a que des gouttes d'eau qui bientôt donneront la vie. Il y a des milliards de milliards de gouttes d'eau dans un océan; elles semblent toutes fondues entre elles. Mais qu'est-ce qu'une goutte d'eau? Une goutte d'eau c'est un petit ensemble de molécules, toutes identiques, constituées d'hydrogène et d'oxygène. Malgré les apparences, chaque molécule d'eau (H2O) est une entité en elle-même, une entité indépendante que l'on peut séparer des autres, notamment lors des changements d'état physique: l'évaporation, par exemple. Certes l'homme peut, dans certains cas, "casser" l'eau; mais il doit pour cela utiliser des forces spécifiques: l'électricité par exemple, pour briser une molécule. Mais placée dans des conditions normales, l'eau reste toujours de l'eau constituée de molécules toutes semblables, mais indépendantes les unes des autres. Immédiatement nous pensons: qu'est-ce que cela a à voir avec les états mystiques?
Nous avons vu plus haut que l'homme ne peut s'exprimer qu'en utilisant des mots, des concepts, qu'il connaît. À l'époque du grand mystique flamand, Jean de Ruysbroeck, qui vécut au 14ème siècle, on ne connaissait que peu de choses concernant la chimie[2]; Ruysbroeck ne pouvait donc pas utiliser avec précision les mots de molécule ou d'atome. Il ne pouvait mettre en œuvre que des concepts abstraits, que seuls quelques rares mystiques privilégiés pouvaient comprendre, parce qu'ils les avaient expérimentés. Les autres restaient sur leur faim... et nous aussi. Mais nous allons maintenant essayer, grâce à l'eau, de comprendre, au moins une petite partie de ce que Ruysbroeck veut nous enseigner. Pour cela nous devons faire un effort important et essayer de nous mettre à l'échelle des infinis: l'infini grand et l'infiniment grand de l'infiniment petit.
Nous partons du cosmos. Si nous nous plaçons à l'échelle du cosmos, nous nous apercevons vite que, dans la création, un homme, ce n'est rien, absolument rien, et pourtant la science nous révèle qu'un homme c'est aussi un étrange et complexe microcosme. Maintenant, en imagination, mettons-nous à l'échelle de Dieu. L'homme n'est plus qu'un infiniment-infiniment petit perdu dans "l'essence" de Dieu. Comme des gouttes d'eau dans l'océan, il "s'écoule" en Dieu; il se "fond" en Dieu comme une molécule d'eau dans l'océan. Apparemment il est "invisible", imperceptible, véritablement perdu, mais il existe et il est indépendant; c'est une entité unique, et qui plus est, pensante et aimée de Dieu son créateur. De même les âmes pures se "fondent" en Dieu, s'"écoulent" dans l'essence de Dieu car leur essence est l'essence même de Dieu. Elles sont créatures, mais créatures aimées de Dieu, personnes uniques, vivantes, destinées à la construction du Grand-Œuvre de Dieu, peut-être le Corps mystique du Christ.
Certes, il y a encore beaucoup d'efforts à faire pour comprendre Ruysbroeck, mais en pensant aux molécules d'eau, on devrait avancer. Vive la chimie moderne!
Paulette Leblanc

[1] Dont ils ne savent d'ailleurs à peu près rien.
[2] On parlait surtout d'alchimie.

22 avril 2009

NOUVEAU SAINT PORTUGAIS

Nuno de Sainte-Marie

Le 26 avril prochain, place Saint-Pierre à Rome, le Saint-Père Benoît XVI va canoniser un bienheureux portugais : Nuno Alvares Pereira, plus connu sous le nom de “Saint Connetable”, parmi les portugais.
Connetable du Portugal, il a sut allier courage héroïque ― dans les batailles pour la sauvegarde de l’indépendance du pays ― et spiritualité.
Peu après la plus grande bataille qu’il eut à livrer ― Aljubarrota ― où la protection de Marie fut évidente, il se retira chez les Carmes de Lisbonne, y prit le nom de Nuno de Sainte-Marie, finissant là ses jours dans le calme et la méditation.
Depuis longtemps il avait été béatifié, mais pour des raisons que j’ignore, sa cause de canonisation paraissait bloquer quelque part : ce n’était certainement pas le temps que Dieu avait choisit pour glorifier son enfant… Mais, voila que maintenant, tous les portugais vont pouvoir fêter celui qu’ils ont toujours aimé et choyé et que depuis longtemps ils considéraient comme un saint.
Saluons ce nouveau saint Portugais et remercions-le de nous avoir laissé, près de Fatima, un si beau monument dédié à Marie : le Monastère de Batallha.

Alphonse Rocha

30 mars 2009

LA NUIT DU JEUDI SAINT

Dernière cène

Le texte que je vous propose aujourd’hui est tiré du Journal spirituel de la bienheureuse Alexandrina Maria da Costa, l'une des plus grandes mystiques du XXe siècle.
Deux raisons m'ont poussé à le faire :
1° – Parce qu’aujourd’hui c’est l’anniversaire de la naissance de la Bienheureuse Alexandrina de Balasar (30/03/1904) ;
2° – Nous sommes dans la période de Carême et bientôt nous fêterons le Jeudi Saint, la fête du plus grand Sacrement, du “plus grand miracle”.
Ce texte, il faut le lire calmement, sans se presser et le méditer, car il est tout simplement magnifique !

*****

Quel triste jeudi !
Combien de fausseté on me prépare !
Je me trouve au milieu d’un rassemblement important, à une invitation d’une très grande intimité les conversations sont orientées au réconfort.
Dans mon âme deux tableaux bien différents se présentent : une trahison sans égale et un amour sans pareil ; un amour, une douceur, une tendresse telle envers le traître qu’aucun cœur ne peut comprendre.
Combien d’appels pleins de douceur à l’adresse du traître !
Mais celui-ci résiste, il ne se rend pas, il ne se trouve pas à l’aise à côté de l’Agneau, victime innocente.
Vers la fin de la matinée j’avais cette impression : je courais vers la mort et la mort vers moi. Je courais parce que des impulsions d’amour m’obligeaient à courir ; le sang et la mort seuls auraient pu sauver le monde et moi, je voulais le sauver.
J’ai commencé à me rendre compte que Jésus pleurait à l’intérieur de moi.
Moi, j’étais la ville de Jérusalem ; j’étais Jésus ; j’étais l’amour et l’ingratitude.
Vers la cité, partaient de mon cœur les plus doux et tendres regards. Ils étaient des regards de rappel, des regards de compassion. Mais de la ville, rien ne sortais vers moi ! Seule la révolte grondait contre moi.
En fin d’après-midi, je me suis sentie réunie avec des amis.
Ô mon Dieu, que se passe-t-il ?
Des scènes si contrastées !
J’étais Jésus et, sur mon cœur, je sentais quelqu’un poser sa tête sur ma poitrine :
Mon cœur s’est attendri d’amour pour lui, et moi j’étais ce quelqu’un.
J’étais la table, j’étais le pain et le vin ; j’étais la coupe qui contenait le vin ; j’étais les plats où les viandes étaient servies. J’étais Judas ; j’étais tout. J’étais la douceur et la mansuétude de Jésus ; j’étais le désespoir et la trahison de Judas.
La nuit tombée je me suis trouvée dans un banquet d’amis.
Au milieu de cette amitié je sentais le traître qui, peu après, allait m’embrasser, et j’ai éprouvé la douleur que ce baiser allait me causer.
Il fait nuit et mon âme sent comme jamais que c’est une nuit d’amour : la sainte nuit.
Quelle nuit ! Quelle sainte nuit !
La plus grande de toutes les nuits !
La nuit du plus grand miracle, du plus grand amour de Jésus !
Quelle nuit féconde, quelle belle nuit !
Les anges sont descendus pour adorer ce grand mystère...
Pendant ce banquet j’ai lavé les pieds à ceux qui m’entouraient. J’avais sur moi de l’eau, serviette et bassine.
Parmi eux, un se sentait gêné que je lui lave les pieds. Un seul regard de moi et il était prêt à se déshabiller pour que je le lave tout entier, s’il en était nécessaire.
Que de conversations sur tant de mystères et sur tant de grandeurs !
Jésus s’apprête à partir, mais il veut rester avec nous. Quels liens d’amour partent de son Cœur vers les cœurs de ceux qui lui sont chers !
Quelle anxiété de partir mais aussi de rester !
Mon cœur ressent tout cela.
Si je pouvais rendre tout l’amour, la bonté et la tendresse de Jésus, combien cela ferait de bien aux âmes !
Mais je ne sais pas mieux l’expliquer.
Son divin Cœur était uni à ceux qui lui étaient si chers.
Pour pouvoir partir, il lui fallait rester parmi eux ; pour monter au ciel, il lui fallait rester sur la terre ; son divin Amour l’y obligeait.
Le regard halluciné du mauvais disciple est resté imprimé dans mon cœur, comme aussi le silence profond du nostalgique congé.
Je sens que je prends congé d’une assemblée.
L’amertume de mon âme ne pouvait pas être plus grande.

Alexandrina Maria da Costa (bienheureuse)

26 mars 2009

THEOLOGIE MYSTIQUE

Une belle leçon !
« Vous vous demandez encore à quoi reconnaissons-nous que Dieu nous parle ? Alors suivez-moi bien : quand c’est l’œuvre du mal ou des démons, cela séduit, donne l’enthousiasme, mais conduit au malaise et à la révolte, à l’intolérance, puis à l’orgueil malicieux. Si quelqu’un a une fausse vision de Dieu ou de la Vierge Marie, cela s’aperçoit peu à peu. D’abord celui qui transmet le message devient orgueilleux. Trop heureux d’avoir reçu une telle mission il se voit bien supérieur aux autres ; finalement, il se croit l’élite de Dieu, sa religion se basant sur la peur du châtiment, plus que sur la miséricorde. Le message est imprégné d’erreurs. Dès qu’il fait appel à des artifices spéciaux en dehors de la simplicité de l’Évangile, cela ne peut être bon. Quand c’est l’œuvre de l’imagination, on se rend compte quelque part qu’il s’agit d’une fabrication : on voit qu’on invente tout au fur et à mesure, et qu’on se parle à soi-même, et aussi qu’il ne peut y avoir de surprise dans les réponses puisqu’on s’entend parler. J’appelle cela de la réflexion, ce qui n’est pas mal en soi, cependant, on ne peut dire qu’il s’agisse d’une œuvre divine ou surnaturelle pure, même si elle peut être inspirée par Dieu, vous voyez ! Mais quand Dieu vous parle directement, cœur à cœur, une paix immense envahit votre âme et vous fait goûter le bonheur du Ciel, si bien que vous vous sentez transportée en Dieu avec force. Vous vous voyez alors comme étant bien misérable, tout à fait indigne devant cette divine intervention. Vous êtes plongée dans la contemplation, votre âme se trouve comme coulée en Dieu, avide de prier et de devenir meilleure. Alors trop heureuse d’avoir reçu une telle faveur du Ciel, votre cœur ne sait résister à la joie de tout partager à ceux que vous aimez afin que le monde bénéficie des grâces personnelles que Dieu vous accorde. De plus, vous ne vous attendez pas à recevoir Dieu. C’est Lui qui intervient en vous si bien que vous ne vous attendez pas à ces réponses. Chaque dialogue avec Dieu est comme une heureuse surprise du Ciel ! Dieu intervient toujours comme Il veut, quant Il veut, et autant qu’Il veut, selon la grâce de sa Miséricorde, et Dieu m’envoie vers vous pour vous unir à Lui. Alors ne soyez plus troublée, car Dieu vous purifie pour ma gloire ! Dieu vous bénit ! Au revoir ! »

Auteur de ce beau texte :
Vierge Marie, Reine Immaculée de l'Univers

24 mars 2009

LA VIERGE MARIE EN CORSE

Apparitions mariales

L’un de mes jeunes amis vient de me parler des apparitions de Notre Mère à Paris, puis en Corse, à une jeune épouse, mère de deux enfants que par discrétion et pour suivre le sage conseil de son évêque, nous appellerons, nous aussi A. M.
En publiant ici le récit de la première de ces apparitions, nous ne voulons en aucun cas devancer le jugement de l’Église, seule compétente dans le jugement des charismes de ses enfants.
L’abbé René Laurentin, grand spécialiste des apparitions mariales en fait mention à la page 177 de son livre intitulé “Multiplication des apparitions de la Vierge aujourd’hui”.
Je ne suis ni théologien ni “spécialiste” en matière d’apparitions, voila pourquoi j’invite ceux qui liront ces lignes à laisser leur commentaire — quel qu’il soit, mais poli — et leur témoignage sur ces apparitions de la Vierge Marie dans l’île de beauté.
Voici le récit de cette première apparition, raconté par la voyante elle-même.


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LA PÉRIODE ÉDUCATIVE DE MARIE
Récit de la Première Apparition
EN ÎLE DE FRANCE :
PAROISSE NOTRE DAME D'ESPÉRANCE A PARIS


« Dans la soirée du 23 juin 1986, je récitais le Chapelet, lorsque tout à coup, avant de fermer les yeux, je vis surgir dans la nuit, devant la fenêtre de la chambre, une grande lumière d'où jaillit une toute jeune fille (environ 18 ans), éclatante de blancheur.
Quelle beauté lumineuse!
Devant cette mystérieuse apparition, paraissant si réelle et si proche qu'en étendant la main j'aurais pu la toucher, je fus saisie de crainte ayant si peur de mon imagination ou d'une intervention maléfique quelconque. Cachant mon visage dans mes mains, je repris la prière du Chapelet et ajoutais une prière à Saint Michel Archange. J'ouvris à nouveau les mains et les yeux.
L'apparition me souriait toujours aussi gracieusement. Je la regardais autant que je le pouvais tellement elle était belle.
Ses yeux d'azur respiraient la tendresse infinie. Son visage était fin et j'apercevais à peine ses cheveux. Elle portait une grande robe blanche, serrée à la taille par un cordon blanc; une magnifique cape aurore la recouvrait à partir des épaules et un long voile de neige la protégeait, tombant depuis sa tête jusqu'à ses pieds qui effleuraient le sol. Elle était toute rayonnante de fraîcheur et de douceur maternelle!
Quelle merveilleuse beauté ! Aucun mot ne peut suffire pour traduire toute la splendeur de cette réalité Divine ! Ah quelle pureté !Elle flottait avec grâce dans sa robe de soleil et se mit à me parler doucement, avec des gestes harmonieux, et d'une voix si claire et mélodieuse, qu'elle inondait de Paix.
Je me sentais si bien auprès d'Elle ! J'étais rassurée. Elle me murmura son nom comme on murmure un précieux secret :
"Je suis Marie Reine Immaculée de l'Univers"
Jamais je n'avais entendu de vocable aussi beau ni si glorieux. Devant une telle annonce mystérieuse, je gardai ce nom précieux au plus secret de mon cœur. Puis elle ajouta avec grand respect : "Voulez-vous aller au Ciel bien vite ?"
— Oh oui, Marie, bien vite ! répondis-je "Eh bien regardez, c'est le Ciel qui vient à vous. Oui, vous vivrez le Ciel sur la terre, même s'il vous faut souffrir encore"».

09 mars 2009

AVOIR LA FOI AUJOURD'HUI

1-Qu’est-ce que la foi?

"La foi est la substance, la garantie des choses qu'on espère, la conviction, la preuve de celles qu'on ne voit point. C'est pour l'avoir possédée que les anciens ont obtenu un bon témoignage." (Hébreux XI , 1 et 2)
Incontestablement notre foi est liée à l’espérance car saint Paul dit encore : "Mais c'est en espérance que nous sommes sauvés. Or, voir ce qu'on espère, ce n'est plus espérer : car ce qu'on voit pas pourquoi l'espérer encore? Mais si nous espérons ce que nous ne voyons pas, nous l'attendons avec patience". (Romains VIII, 24 et 25) Saint Paul dit aussi: "L'espérance ne trompe pas, car l'amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par l'Esprit Saint qui nous a été donné". (Romains V , 5)
La foi est la base de tout, le point de départ de toute vraie vie, de tout amour, de tout don de soi. La foi est la fondation de toute vie chrétienne. Seule la foi a pu soutenir les saints dans leurs œuvres, leurs épreuves, leurs peines, leurs souffrances, à l'imitation de Jésus-Christ. Seule la foi permet d'accepter les contradictions et la souffrance. Seule la foi nous fait comprendre l'Eucharistie.
Il convient peut-être d'ajouter ici que la foi nous permet aussi de détecter les tentations qui sont parfois tellement perverses, car déguisées sous l'apparence de bonnes intentions. Les tentations, qu'est-ce que c'est? Comment les découvrir, comment en prendre conscience? Comment y résister? À propos de la foi et des tentations, il me semble qu'il faudrait, de temps en temps, reparler du démon, ne plus faire comme s'il n'existait pas. Car il existe et Jésus en a su quelque chose durant sa vie. D'ailleurs, écoutons saint Paul s'adressant aux Éphésiens. (Éphésiens chapitre 6, versets 13 à 17), et surtout le verset 16: "Ayez toujours en main le bouclier de la foi avec lequel vous pourrez éteindre tous les traits enflammés du Mauvais..." Et aux Thessaloniciens saint Paul dira encore: " Pour nous qui sommes du jour, soyons sobres, prenant pour cuirasse la foi et la charité, et pour casque l'espérance du salut." (I Thes V, 8)

2-Quelle est notre foi ? En qui croyons-nous?

Avoir la foi, c'est d'abord croire en Dieu. Cela c'est relativement facile: si Dieu n'existait pas, nous n'existerions pas nous non plus. Oui, Dieu existe, Mais quel Dieu? Le dieu des boudhistes, ce dieu vague, un Grand Tout impersonnel dans lequel les hommes iront se perdre? Ou les dieux sanguinaires des Incas qui avaient besoin du sang humain pour survivre?... ou encore le dieu de l'islam, certes dieu vivant mais si loin des hommes et qui exige de ses "fidèles" le départ ou la mort des "infidèles"? Non, notre Dieu c'est le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, c'est le Père dont Adam et Ève s'éloignèrent... Dieu laissa Adam et Ève "voir" ailleurs, mais comme Il savait qu'ils seraient très malheureux loin de Lui, car le péché rend toujours malheureux, Dieu leur promit un Messie Sauveur qui naîtrait d'une Femme, laquelle écraserait la tête du serpent trompeur. Mais en attendant?
Quand les hommes furent trop malheureux loin de Lui, Dieu se manifesta à Abraham... Puis Il "entendit" le cri de son peuple écrasé et brimé en Égypte, et Il lui envoya Moïse et lui donna sa Loi. En effet, si les hommes ne voulaient plus être malheureux, ils devaient ne pas rendre les autres hommes malheureux, mais ils devaient les respecter. Si les hommes voulaient être heureux, ils devaient en conséquence rendre les autres heureux: c'est cela la Loi de Dieu, le Décalogue.
Mais notre foi chrétienne va encore beaucoup plus loin. La Femme promise fut conçue, immaculée, et elle mit au monde un Fils, le Messie tant attendu. Jésus est le Verbe de Dieu, le Fils unique du Père, Un avec le Père et l'Esprit au sein de la sainte Trinité. C'est cela notre foi, celle que notre proclamons tous les dimanches dans notre Credo. Saint Paul veut que nous proclamions notre foi et il précise : Si tu confesses de ta bouche que Jésus est Seigneur, et si tu crois dans ton cœur que Dieu l'a ressuscité des morts tu seras sauvé. (Rom X , 9) Car notre foi c'est d'abord Jésus-Christ mort et ressuscité. Notre foi c'est Jésus, Verbe de Dieu incarné qui nous affirme que seules ses béatitudes, apparemment si contraires aux habitudes humaines, nous rendront heureux: "Bienheureux les pauvres de cœur... Bienheureux les cœurs purs... Bienheureux les miséricordieux... Bienheureux serez-vous quand on vous persécutera, qu'on dira toute sorte de mal de vous à cause de Moi..."
Il y a encore plus difficile à comprendre et à accepter. Paul "prêche un Christ crucifié, scandale pour les Juifs et folie pour les Gentils; mais pour ceux qui sont appelés, soit Juifs, soit Grecs, c'est puissance de Dieu et sagesse de Dieu. Car ce qui est folie de Dieu est plus sage que la sagesse des hommes, et ce qui est faiblesse de Dieu est plus fort que la force des hommes." (I Cor I, 23 à 25) Et il insiste: "Je vous ai enseigné avant tout, comme je l'ai appris moi-même, que le Christ est mort pour nos péchés, conformément aux Ecritures; qu'il a été enseveli et qu'il est ressuscité le troisième jour, conformément aux Ecritures..." (I Cor XV, 3 à 9)
Paul appuie son enseignement: "Et si le Christ n'est pas ressuscité, notre prédication est donc vaine, vaine aussi est votre foi. Il se trouve même que vous sommes de faux témoins à l'égard de Dieu, puisque vous avons témoigné contre lui qu'il a ressuscité le Christ, tandis qu'il ne l'aurait pas ressuscité, s'il est vrai que les morts ne ressuscitent pas... Et si le Christ n'est pas ressuscité, votre foi est vaine, vous êtes encore dans vos péchés, et par conséquent aussi, ceux qui se sont endormis dans le Christ sont perdus. Si nous n'avons d'espérance dans le Christ que pour cette vie seulement, nous sommes les plus malheureux de tous les hommes... Mais le Christ est bien ressuscité des morts, prémices de ceux qui se sont endormis." (I Cor XV, 14 et 15, et 17 à 20)
Oui, "nous cheminons dans la foi et non dans la claire vision..." (II Cor V, 7) Mais "c'est par grâce que nous avons été sauvés, au moyen de la foi... C'est le don de Dieu." (Éphés II, 8) Et même, précisera Paul aux Philippiens (I, 29): "Car il vous a été fait la grâce, non seulement de croire au Christ, mais encore de souffrir pour Lui..." "C'est dans le Christ que nous avons appris notre foi..." redit Paul aux Colossiens, et il faut "que nous persévérions dans la foi, solides et fermes, sans nous laisser détourner de l'espérance apportée par l'Évangile..." (Col I, 4 et 23)
Dès lors, comment mettre notre foi en pratique pour la rendre vivante? Jésus nous l'a enseigné: en aimant son prochain comme soi-même, en s'aimant les uns les autres comme Il nous a aimés, en pardonnant jusqu'à septante fois sept fois à ceux qui nous ont offensés, en allant jusqu'à aimer nos ennemis, à bénir ceux qui nous maudissent, à faire du bien à ceux qui nous font du mal... Mais il est impératif de conforter constamment notre foi, en écoutant et en mettant en pratique les enseignements de l'Église comme Paul le conseille fortement: "Je vous ai envoyé Timothée, notre frère... pour vous affermir et vous encourager dans votre foi..." (I Thes III, 2)

3-Ce que la foi a permis à nos pères de réaliser

Nous sommes en plein dans l'année saint Paul. C'est le moment de revoir ce que l'apôtre nous enseigne. Dans l'épître aux Hébreux, dans tout le chapître 11, saint Paul résume ce que la foi a permis à nos pères de réaliser: "Par la foi nous comprenons que le monde a été formé par une Parole de Dieu, le visible tirant ainsi son origine de l'invisible... C'est par la foi qu'Abel offrit à Dieu un sacrifice plus excellent que celui de Caïn... C'est par la foi qu'Enoch fut enlevé sans qu'il eût subi la mort: car sans la foi, il est impossible de plaire à Dieu... C'est par la foi que Noé, divinement averti des événements qu'on ne voyait pas encore, construisit, avec une pieuse crainte, une arche pour sauver sa famille... C'est par la foi qu'Abraham, obéissant à l'appel de Dieu, partit pour un pays qu'il devait recevoir en héritage, et se mit en chemin sans savoir où il allait... C'est par la foi que Sara, elle aussi, qui n'était plus dans l'âge de concevoir, en reçut la vertu... C'est pourquoi, d'un seul homme[1], déjà comme mort, sortit une postérité aussi nombreuse que les étoiles du ciel, et que les grains de sable innombrables qui sont sur le bord de la mer.
C'est dans la foi que ces patriarches sont tous morts... C'est pourquoi Dieu n'a pas honte de s'appeler " leur Dieu ", car il leur a préparé une cité. C'est par la foi qu'Abraham mis à l'épreuve, offrit Isaac en sacrifice... C'est par la foi qu'Isaac bénit Jacob et Esaü, en vue des choses à venir... "C'est par la foi que Moise, à sa naissance, fut caché pendant trois mois par ses parents, parce qu'ils virent que l'enfant était beau, et qu'ils ne craignirent pas l'édit du roi... C'est par la foi qu'il quitta l'Egypte, sans redouter la colère du roi; car il tint ferme, comme s'il voyait celui qui est invisible. C'est par la foi qu'il célébra la Pâque et fit l'aspersion du sang, afin que l'exterminateur des premiers-nés ne touchât pas à ceux des Israélites. C'est par la foi qu'ils passèrent la mer Rouge comme une terre ferme, tandis que les Egyptiens qui tentèrent le passage furent engloutis. C'est par la foi que les murailles de Jéricho tombèrent, après qu'on en eût fait le tour pendent sept jours. C'est par la foi que Rahab la courtisane ne périt pas avec les rebelles, pour avoir donné aux espions une sûre hospitalité."
Paul continue sa longue litanie et conclut, mettant en avant l'espérance liée à la foi de nos prédécesseurs: "eux tous que leur foi a rendus recommandables, n'ont pas obtenu l'objet de la promesse parce que Dieu nous a fait une condition meilleure pour qu'ils n'obtinssent pas sans nous la perfection du bonheur."

4-Ce que la foi nous demande, à nous

Notre foi nous demande de croire et d'obéir à la Loi de Dieu donnée sur le Sinaï et de vivre les Béatitudes et les conseils de Jésus. Pratiquement cela se vit généralement en fonction de son état de vie. Pour nous, les chrétiens, cela se vit essentiellement par le don de nous-mêmes à Dieu, en suivant les conseils de Jésus, le Fils du Père. "Car c'est en croyant de cœur qu'on parvient à la justice, et c'est en confessant de bouche qu'on parvient au salut, selon ce que dit l'Ecriture: 'Quiconque croit en lui ne sera pas confondu.' " nous dit toujours saint Paul (Romains, X, 10 et 11) Dans les faits quotidiens, cela se traduit par vivre dans le Christ et avec le Christ, dans son Amour; donc, et ceci en est la conséquence inévitable, obligatoire, en aimant nos frères les hommes: "La foi qui n'agit pas est-ce une foi sincère[2]?..."
Car la foi en Dieu, et surtout notre foi en Jésus nous conduit inévitablement à aimer notre prochain: nous aimons Dieu, donc nous aimons aussi nos frères, et pour aimer vraiment nos frères comme Jésus nous le demande, il faut d'abord et avant tout aimer Dieu, donc Le servir. Car la foi en Dieu et en son Fils Jésus-Christ nous oblige à servir Dieu d'abord, donc à prier, beaucoup, à s'unir à Dieu dans une oraison autant que possible quotidienne. Il est également indispensable d'approfondir la doctrine chrétienne et les enseignements de Jésus, car on n'aime vraiment que ce que l'on connaît. Comment, en effet, aimer ce que l'on ne connaît pas. Et il ne faut jamais oublier que plus on aime, plus on désire aimer, et plus on désire connaître. Avec l'aide et le soutien de Dieu et de Celui que l'on aime.

5-Les doutes

Sans cesse Paul nous demande de rendre grâce pour l'accroissement de notre foi et de la charité que nous avons les uns pour les autres. Car dans notre monde où règne l'athéïsme, nous sommes tous exposés à vivre de sombres périodes durant lesquelles il nous semble que nous avons perdu la foi. Il nous est, en effet, parfois étrange de constater que de nombreux saints ont perdu la foi, du moins, c'est ce qu'ils croyaient. Ainsi, Thérèse de Lisieux, vers la fin de sa vie avouait: "Je crois parce que je veux croire, je crois ce que je veux croire..." Padre Pio lui-même, et c'est plus étonnant, supplia un jour, quelques mois avant sa mort: "priez pour moi, pour que je garde la foi..."
Ainsi, même Padre Pio qui avait été témoin de tant de manifestations divines sur lui, notamment ses stigmates, craignait de perdre la foi... Pourtant, il continua à vivre comme s'il avait conservé l'intégralité de sa foi. Qu'est-ce que cela veut dire?
Tous les hommes doivent, durant leur vie, traverser une ou plusieurs périodes de doutes. Les chrétiens connaissent bien ces détresses profondes durant lesquelles ils doivent cependant continuer à vivre comme s'ils avaient toujours la foi de leur jeunesse. Il leur semble qu'ils n'ont plus de repère, que Dieu, s'Il existe, les abandonne, que leur vie ne vaut rien, etc., etc... Mais cependant, animés par un reste d'espérance, ils conservent assez de force pour poursuivre leurs tâches, pour rester fidèles dans la prière, et pour rejoindre Jésus.
Il est étonnant de constater que Jésus aussi, a parfois été agacé par ses disciples, "esprits sans intelligence, lents à croire..." Il est encore plus surprenant de voir Jésus accablé à Gethsémani et criant vers le Père: "Père, s'il est possible, que ce calice passe loin de moi!" Ou encore: "Père, pourquoi m'as-Tu abandonné?" Certes, Jésus-Christ, Fils de Dieu et Dieu Lui-même, ne pouvait pas perdre la foi; mais Dieu incarné, désirant connaître toutes nos faiblesses, toutes nos détresses, il a voulu vivre ces instants redoutables durant lesquels Dieu semble être absent.
Tous les saints qui ont connu ces angoisses mortelles ont voulu cependant conserver la foi qui les avait guidés tout au long de leur route terrestre. Ils firent comme s'ils avaient toujours la foi, et poursuivaient leur chemin, vivant selon l'esprit de leur foi momentanément cachée. Quel exemple pour nous les chrétiens d'aujourd'hui!


Paulette Leblanc


[1] Saint Paul fait remarquer que "ce n'est point par la Loi que l'héritage du monde a été promis à Abraham et à sa postérité; c'est par la justice de la foi. Car si ceux qui ont la Loi sont héritiers, la foi est vaine et la promesse est sans effet, parce que la loi produit la colère, et que là où il n'y a pas de loi, il n'y a pas non plus de transgression. Donc c'est bien par la foi, afin que ce soit par grâce, pour que la promesse soit assurée à toute la postérité, non seulement à ceux qui relèvent de la Loi, mais encore à ceux qui relèvent de la foi d'Abraham, notre père à tous..." (Romains IV, 13à 16).

[2] Citation d'Esther, de Racine.

15 février 2009

JAMAIS UN HOMME...

« Jamais un homme n'a parlé comme cet homme »

Dieu pourrait nous dire : « Puisque j'ai dit toutes choses dans ma Parole, mon Fils, il ne me reste plus rien à te répondre ni à te révéler... ' Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j'ai mis tout mon amour, écoutez-le ' (Mt 17,5)... Ecoutez-le, car je n'ai plus rien à révéler, plus rien à manifester...
« Si donc tu désires entendre de ma bouche une parole de consolation, regarde mon Fils qui m'est soumis et qui, par amour, s'est livré à l'humiliation et à l'affliction, et tu verras tout ce qu'il te répondra. Si tu souhaites que je te découvre des choses cachées ou quelque événement, jette seulement les yeux sur lui et tu trouveras renfermés en lui de très profonds mystères, une sagesse et des merveilles de Dieu, suivant cette parole de mon apôtre : ' En lui, qui est le Fils de Dieu, sont cachés tous les trésors de la sagesse et de la science de Dieu ' (Col 2,3). Ces trésors de sagesse seront pour toi plus sublimes, plus savoureux et plus utiles que tout ce que tu pourrais apprendre par ailleurs. Aussi le même apôtre se glorifiait-il ' de ne pas savoir autre chose que Jésus Christ et Jésus Christ crucifié ' (1Co 2,2). Si tu veux des visions ou des révélations, soit divines, soit corporelles, regarde-le, ce Dieu fait homme, et tu trouveras là ce qui surpassera toutes tes pensées, car l'apôtre Paul dit encore : ' Dans le Christ habite corporellement toute la plénitude de la divinité ' (Col 2,9). »
Il n'y a donc plus lieu d'interroger Dieu comme autrefois, et il n'est plus nécessaire qu'il parle, puisque toute la foi au Christ a été promulguée. Il n'y a plus de foi à révéler et il n'y en aura jamais.

Saint Jean de la Croix (1542-1591), carme, docteur de l'Église ; La Montée du Carmel, II, ch. 22 (trad. OC, Cerf 1990, p. 736)

25 janvier 2009

BENOIT XVI ET INTERNET

Benoît XVI invite les jeunes à évangéliser le continent numérique


Présentation du Message pour la Journée Mondiale des Communications Sociales


ROME, Vendredi 23 janvier 2009 (ZENIT.org) - C'est aux jeunes de la ‘génération numérique' que Benoît XVI a confié le devoir d'évangéliser grâce aux nouvelles technologies. Dans son message pour la Journée Mondiale des Communications Sociales, le pape a aussi salué le « potentiel extraordinaire » de ce monde numérique, à condition de le rendre « vraiment accessible à tous » et de l'utiliser « pour favoriser la compréhension et la solidarité humaine ».


Le Message sur le thème ‘Nouvelles technologies, nouvelles relations. Encourager une culture de respect, de dialogue, d'amitié', a été rendu public ce vendredi 23 janvier.
Le pape a lancé un message aux jeunes, à la « génération dite ‘numérique' », dont la « croissance est étroitement liée à ces nouvelles technologies de communication ». « A vous, jeunes, qui vous trouvez presque spontanément en syntonie avec ces nouveaux moyens de communication, le devoir d'évangélisation de ce ‘continent numérique' vous revient en particulier. Sachez prendre en charge avec enthousiasme l'annonce de l'Évangile à vos contemporains ! », a ajouté Benoît XVI.
Dans ce Message pour la prochaine Journée Mondiale des Communications Sociales, qui aura lieu le 24 mai, le pape a également salué le « potentiel extraordinaire des nouvelles technologies lorsqu'elles sont utilisées pour favoriser la compréhension et la solidarité humaine ».
Ainsi, « si les nouvelles technologies doivent servir au bien des individus et de la société, ceux qui les utilisent doivent éviter le partage de mots et d'images dégradantes pour l'être humain, et exclure ainsi ce qui alimente la haine et l'intolérance, ce qui avilit la beauté et l'intimité de la sexualité humaine, ce qui exploite les faibles et les personnes sans défense », a-t-il poursuivi.
Tout en saluant le « concept d'amitié » qui a « joui d'une nouvelle relance dans le vocabulaire des réseaux sociaux numériques apparus ces dernières années », le pape a également invité dans son Message à « être attentif à ne pas banaliser le concept et l'expérience de l'amitié ».
« Quelle tristesse si notre désir de soutenir et de développer des amitiés on-line se réalisait au prix de notre disponibilité pour la famille, pour les voisins et pour ceux que l'on rencontre dans la réalité quotidienne, sur notre lieu de travail, à l'école, durant le temps libre », écrit-il.
« Lorsque le désir de connexion virtuelle devient obsessionnel, la conséquence est que la personne s'isole, interrompant une réelle interaction sociale. Cela finit même par déranger les moments de repos, de silence et de réflexion nécessaires à un sain développement humain », a mis en garde le pape.
Dans ce Message, Benoît XVI a enfin souhaité que l'on se préoccupe « de faire en sorte que le monde numérique (...) soit un monde vraiment accessible à tous » et particulièrement « à ceux qui sont déjà économiquement et socialement négligés ».

Marine Soreau