27 septembre 2008

LES AVEUGLES VOIENT...

« Les aveugles voient…, les morts ressuscitent,
la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres »


« Celui qui vient après moi est plus puissant que moi ; lui vous baptisera dans l'Esprit Saint et le feu » (Mt 3,11). Dirons-nous que c'est là l’œuvre d'une humanité pareille à la nôtre que de pouvoir baptiser dans l’Esprit Saint et le feu ? Comment cela pourrait-il être ? Et pourtant, parlant d'un homme qui ne s'est pas encore présenté, Jean déclare que celui-ci baptise « dans le feu et l'Esprit Saint ». Non pas, comme le ferait un serviteur quelconque, en insufflant aux baptisés un Esprit qui n'est pas le sien, mais comme quelqu’un qui est Dieu par nature, qui donne avec une puissance souveraine ce qui vient de lui et lui appartient en propre. C'est grâce à cela que l'empreinte divine s’imprime en nous.
En effet, en Christ Jésus, nous sommes transformés comme à l'image divine ; non que notre corps soit modelé de nouveau, mais nous recevons le Saint Esprit, entrant en possession du Christ lui-même, au point de pouvoir crier désormais dans notre joie : « Mon âme exulte dans le Seigneur, car il m'a revêtu de salut et d'allégresse » (1S 2,1). L’apôtre Paul dit en effet : « Vous tous qui avez été baptisés dans le Christ, vous avez revêtu le Christ » (Ga 3,27).
Est-ce donc en un homme que nous avons été baptisés ? Silence, toi qui n’est qu’un homme ; veux-tu rabattre jusqu'à terre notre espérance ? Nous avons été baptisés en un Dieu fait homme ; il libère des peines et des fautes tous ceux qui croient en lui. « Repentez-vous et que chacun de vous se fasse baptiser au nom de Jésus Christ… Vous recevrez alors le don du Saint Esprit » (Ac 2,38). Il délie ceux qui s’attachent à lui…; il fait sourdre en nous sa propre nature… L'Esprit appartient en propre au Fils, qui est devenu un homme semblable à nous. Car il est lui-même la vie de tout ce qui existe.

Saint Cyrille d'Alexandrie (380-444), évêque, docteur de l'Église
Premier dialogue christologique, 706 (trad. SC 97, p. 27 alt.)

25 septembre 2008

MARTHE ET MARIE

Les soeurs de Lazare

« Comme ils faisaient route, il entra dans un village, et une femme, nommée Marthe, le reçut dans sa maison. Celle-ci avait une sœur appelée Marie, qui, s'étant assise aux pieds du Seigneur, écoutait sa parole. Marthe, elle, était absorbée par les multiples soins du service. Intervenant, elle dit : “Seigneur, cela ne te fait rien que ma sœur me laisse servir toute seule ? Dis-lui donc de m'aider”. Mais le Seigneur lui répondit : “Marthe, Marthe, tu te soucies et t'agites pour beaucoup de choses ; pourtant il en faut peu, une seule même. C'est Marie qui a choisi la meilleure part ; elle ne lui sera pas enlevée”. » (Luc : 10, 38-42) ― Bible de Jérusalem.

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« Jésus était en chemin avec ses disciples », comme cela arrivait bien souvent et, ce jour-là, ils sont entrés dans un village, non loin de Jérusalem, selon toute vraisemblance et ce village était Béthanie, là où demeurait l’ami de Jésus, Lazare, comme le confirme saint Jean dans son Évangile : « Lazare, de Béthanie, le village de Marie et de sa sœur Marthe » (Jn. 11, 1) ; Marthe et Marie, qui auront plus tard un rôle important ― surtout Marie ―, dans le “cheminement” du Seigneur vers l’aboutissement de sa Mission rédemptrice.
L’évangéliste dit que cette dernière ― Marie ― « s'étant assise aux pieds du Seigneur, écoutait sa parole ». Il est donc pertinent de penser que s’il s’agissait d’une première rencontre, Marie ne se serait certainement pas assise aux pieds de Jésus, laissant à sa sœur le soin des préparatifs pour le repas qui s’en suivra. Donc, elle connaissait déjà Jésus et l’avait déjà entendu parler de la Bonne Nouvelle du Royaume ; peut-être même avait-elle entendu la parabole de la brebis égarée, qui s’adapte bien à son personnage contrasté et surtout à sa vie passée.
Marthe s’agite : elle coure d’un côté à l’autre de la maison afin que le moment venu les invités ne manquent de rien, car ils sont nombreux, si nous tenons compte du fait qu’il est dit que Jésus y est entré avec ses disciples et, le nombre des disciples étaient bien plus important que celui des apôtres.
Peut-être un peu fatiguée par ces va-et-vient et quelque peu jalouse de sa sœur qui peut mieux qu’elle bénéficier des paroles du Maître ― elle s’est assise à ses pieds ―, Marthe finit par se plaindre à Jésus. Sa plainte est familière, ce qui prouve une fois encore que ce n’était pas là la prière visite de Jésus :
― “Seigneur, cela ne te fait rien que ma sœur me laisse servir toute seule ? Dis-lui donc de m'aider”.
Dans une autre traduction de ce même passage, la familiarité des mots est encore plus frappante :
― “Seigneur, vous n'avez cure que ma sœur me laisse seule faire le service ? Dites-lui donc de m'aider”.
Sachant que Jésus avait beaucoup d’humour, nous pouvons penser qu’Il lui ait répondu avec un sourire amusé et plein de tendresse :
“Marthe, Marthe, tu te soucies et t'agites pour beaucoup de choses ; pourtant il en faut peu, une seule même. C'est Marie qui a choisi la meilleure part ; elle ne lui sera pas enlevée”.
En effet, Marthe semblait davantage intéressée par le contenant que par le contenu, si nous pouvons le dire. Il fallait que la maison soit propre ― ce qui était tout à son honneur ― et que tout soit prêt et en ordre, le moment venu… pour la “Bonne Nouvelle”, elle aurait bien le temps, après le repas… Jésus resterait bien encore un peu avec ses amis… elle serait plus au calme et bien plus attentive à toutes ses paroles…
Mais, après les paroles de Jésus “une seule chose est nécessaire”, elle a dû se raviser, réfléchir au sens profond de ces mots de Jésus à son adresse. “Une seule chose est nécessaire”. Mais, quelle chose ? s’est-elle sûrement demandée, pendant qu’elle poursuivait son travail inlassablement. Pourquoi sa sœur, Marie, elle qui restait là, assise, sans rien faire, aurait-elle “choisi la meilleure part” ? Et puis, comme pour la faire réfléchir encore davantage, Jésus avait même ajouté : “elle ne lui sera pas enlevée”.
Marie a certes beaucoup péché, mais elle a aussi beaucoup aimé : elle a aimé à la folie, car elle avait été aussi beaucoup pardonnée et, Jésus venait de la juger sur l’amour, sur cet amour débordant qui la menait aux pieds même du Seigneur, pour “boire” ses paroles, toutes ses paroles, sans en laisser échapper une seule.
C’est parce qu’elle aimait, qu’elle “avait choisi la meilleur part” et que cette “part ne lui serait pas ôtée”.
Comme Marie, nous serons tous jugés sur l’amour. Alors, choisissons “la meilleure part” et faisons tout pour que celle-ci “ne nous soit pas ôtée”. Amen.

24 septembre 2008

VITAL LEHODEY

Frère Vital Lehodey
(1857-1948)

La biographie du Frère Lehodey, auteur de l'extraordinaire de l'ouvrage “Le saint abandon”, sera bientôt publiée sur le site “La voie mystique”. Elle a été composée par Paulette Leblanc que nos visiteurs connaissent déjà bien, car elle a déjà beaucoup écrit pour le site cité mais aussi pour d'autres: “Nouvelle Evangélisation”, par exemple, où le même texte sera aussi publié.
Nous espérons que ce bon et consciencieux travail de notre collaboratrice, toujours aussi enthousiasmée et produtive, vous enchatera et vous fera connaître cet homme simple mais cultivé, simple mais tellement saint... comme le sont tous les saints.
Ci-après nous vous offrons les premiers paragraphes de l'ouvre que nous offre Paulette. Bonne lecture, en attendant vous réactions.
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Alcime Lehodey naquit le 17 décembre 1857 à Hambye, petit village du diocèse de Coutances dans le bocage normand: il fut baptisé le lendemain 18 décembre. Bon Lehodey et Marie-Madeleine Delauney eurent d'abord deux garçons qui moururent peu de temps après leur naissance. Puis vinrent deux autres garçons qui précédèrent Alcime, et enfin une petite sœur, née en 1860. Le papa, tourneur sur bois, mourut en 1862. Alcime n’avait que quatre ans et demi. La jeune veuve, chargée de quatre enfants en bas âge[1], se montra une mère attentive, avant tout femme de devoir et de foi, sachant se faire obéir. Mais la vie fut bien rude dans la famille Lehodey, et la pauvreté y régnait.
Dès son plus jeune âge Alcime qui aimait le Seigneur, désira être à Dieu seul. Il fit sa première communion en 1869. Remarqué à cause de son intelligence précoce, M. Guilgaud, le curé de sa paroisse lui fit commencer ses études de latin, et Alcime put entrer au petit séminaire de Mortain, en classe de quatrième, en octobre 1871[2]. Dans son Autobiographie, il estime que ses années de petit séminaire furent les moins bonnes de sa vie. Le jeune séminariste se distingua par son tempérament calme et réfléchi, assez porté sur l'ascèse et la pénitence. Alcime quitta le petit séminaire en juillet 1876 pour entrer au grand séminaire de Coutances au mois d'octobre suivant. Il dira plus tard que ces quatre années furent parmi les meilleures de sa vie. Il prit la soutane le jour de Noël 1876 et sera ordonné prêtre le 18 décembre 1880, à l’âge de 23 ans.


[1] Mais la petite sœur de deux ans mourut quelques mois après la mort du papa.
[2] Pour information, c'est en janvier 1871 qu'eurent lieu les apparitions de Pontmain.

06 septembre 2008

VIOLENCE EN INDE

Déclaration de la supérieure des missionnaires de la charité

ROME, Vendredi 5 septembre 2008


Pour vaincre la violence dont sont actuellement victimes les chrétiens en Inde, il faut d'authentiques disciples du Christ, a affirmé sœur Mary Nirmala Joshi, supérieure générale des missionnaires de la charité.
La religieuse qui a succédé à Mère Teresa de Calcutta à la tête de la congrégation, a expliqué dans un entretien à L'Osservatore Romano que « le témoignage chrétien nécessaire en Inde aujourd'hui consiste à être des disciples authentiques du Christ dans l'amour pour la personne du Christ, et à vivre pleinement l'enseignement qu'il nous a laissé dans le discours sur la montagne ».
Le 28 août dernier, sœur Nirmala a adressé aux populations d'Orissa et de toute l'Inde un message dans lequel elle rappelle qu'« il ne faut pas utiliser la religion pour se diviser et que la violence au nom de la religion est un abus de la religion elle-même ».
« Comme le répétait mère Teresa : ‘la religion est une œuvre d'amour. Elle n'est pas faite pour détruire la paix et l'unité' », a-t-elle observé.
« Au nom de notre pays et de notre noble héritage, au nom des pauvres, des enfants et de tous nos frères et sœurs victimes de cette violence insensée et destructrice : prions, ouvrons-nous à la lumière et à l'amour de Dieu ; déposons les armes de la haine et de la violence et revêtons nous de l'armure de l'amour ; pardonnons-nous les uns les autres pour le mal que nous nous sommes fait », a-t-elle exhorté.
« Demandons à Mère Teresa de prier afin que nous devenions des instruments de Dieu et de sa paix, constructeurs de la civilisation de l'amour », a-t-elle ajouté.
A l'occasion de la fête liturgique de la bienheureuse Teresa de Calcutta, le 5 septembre, anniversaire de sa mort, sœur Nirmala exprime « sa profonde gratitude à Dieu pour le don de sa vie de sainteté et sa mission mondiale d'amour pour les plus pauvres parmi les pauvres, les moins aimés, les moins désirés, les plus oubliés parmi les fils de Dieu, au-delà de la caste, de la croyance, de la nationalité ou de la culture ».
Ces remerciements, observe-t-elle, s'expriment « à travers la prière, à travers le sacrifice et à travers d'humbles services d'amour envers nos frères et nos sœurs qui sont dans le besoin », mais aussi « en renouvelant notre désir de sainteté et la détermination à devenir saints, inspiré s par son exemple ».
Dans le même temps, elle rappelle la bienheureuse « comme puissant instrument d'intercession au ciel, qui nous a été donné par Dieu, implorant son intercession puissante et efficace pour la paix et l'harmonie entre tous dans l'Orissa et dans toutes les régions tourmentées du monde, et pour les besoins de ceux qui souffrent ».
En ces jours ont lieu à Calcutta, sur la tombe de la bienheureuse, des messes précédées de la récitation du chapelet, auxquelles participent les paroisses de Calcutta et des régions voisines, les sœurs et les frères missionnaires de la charité, les malades, les enfants de leurs maisons et aussi « des non catholiques qui appartiennent à toutes les religions » qui « viennent rendre hommage, en priant, en offrant des fleurs et des cierges et en implorant l'intercession de la Mère pour leurs besoins et ceux du pays et du monde ».
« Il est également prévu une rencontre de prière entre les religions », a-t-elle ajouté.
Le grand amour que tous nourrissent pour Mère Teresa découle du fait qu’« elle a enseigné à travers la parole et l'exemple que quoi que nous fassions au dernier de nos frères, nous le faisons à Dieu lui-même ».
« Les habitants de l'Inde sont très orgueilleux de Mère Teresa, souligne sœur Nirmala. Ils ont trouvé en elle quelqu'un qui se préoccupe vraiment d'eux. Sa vie est une source d'inspiration pour eux. En son nom s'ouvrent tous les cœurs et toutes les portes ».
Les Indiens, affirme-t-elle, « voient en elle une authentique Indienne » et « l'incarnation de Dieu lui-même ».
SOURCE : ZENIT.org