26 avril 2013

SUR LA MYSTIQUE - III


La mystique et les moyens modernes- II




Nous avons un nouveau pape. Notre pape, un cardinal argentin qui a choisi le nom de François, semble, incontestablement un pauvre de cœur. Nous prions déjà pour lui, de toutes nos forces. Nous espérons aussi qu'il redonnera la foi à notre Église et surtout qu'il travaillera à sa purification. Sera-t-il soutenu s'il veut lutter ouvertement contre les persécutions que subissent tant de chrétiens dans le monde actuellement? Et sera-t-il suivi s'il incite notre Église à revenir à Dieu et au respect de l'Eucharistie, grâce à une liturgie sainte qui nous rappellerait que, dans l'Eucharistie, Jésus est réellement présent. Car l'Eucharistie est une explosion de joie, de bonheur, d'amour, une explosion qui disperse dans le monde entier comme des tempêtes de neige, des milliards d'hosties consacrées qui cachent la présence de Jésus pour chaque qui cherche Dieu. Notre pape devra trouver les moyens pour que cela soit enseigné à tous les enfants du monde.

Il y a autre chose. À Fatima, la Vierge Marie avait demandé la consécration de la Russie à son Cœur Immaculé, "sinon, la Russie répandrait ses erreurs sur le monde". Nous n'avons pas écouté la Vierge Marie, ni fait exactement ce qu'elle demandait, et la Russie a répandu ses erreurs sur le monde: ce fut la victoire du communisme. À Fatima, Marie demanda aussi que les hommes se convertissent, qu'ils prient, qu'ils reviennent à Dieu, comme elle le fait presque toujours au cours de toutes ses apparitions. Mais les hommes ne veulent rien comprendre…

Notre nouveau pape prendra certainement conscience des dégâts qui montrent combien l'Église est en train de s'autodétruire. Car ils sont grands les dégâts, si grands que même les évêques français en ont pris conscience. Notre nouveau pape redonnera-t-il vie au catholicisme? Mais pourquoi notre monde a-t-il abandonné Jésus? La foi de Dieu n'est plus enseignée, tant de sacrilèges se commettent, même en France… tous les jours. Mais qui est coupable? Depuis cinquante ans on n'enseigne aux gens le contraire de ce que Dieu demande. Ô Seigneur, faîtes que notre pape soit fort pour rendre féconde l'année de la foi proclamée par Benoît XVI…

Seigneur, nous Vous prions. Faîtes que la foi soit nouveau enseignée. Il faut que notre pape parle fort, qu'il mette de l'ordre dans l'Église, qu'il redonne toute sa valeur au sacerdoce, au mariage, à la maternité, à la vie religieuse. Il faut remettre au goût du jour les idées de Dieu, car tout est à refaire: l'unité de l'Église, la foi, l'amour. La Russie a répandu ses erreurs dans le monde, mais, quoique lentement, elle revient à Dieu. Et nous, nous devons prier le Cœur Immaculé de Marie. Et peut-être que nous devrions revenir à ce que l'on appelait autrefois la mystique, c'est-à-dire la relation qui doit exister entre tous les hommes et Dieu. Voici, en résumé, ce qu'est un mystique.

Un mystique, c'est d'abord un homme de prière, d'oraison. L'homme qui fait oraison est uni à Dieu; il connaît la Loi de Dieu et cherche à la faire connaître, car la Loi de Dieu c'est le bonheur de l'homme. La mystique, c'est la spiritualité, c'est vivre avec Dieu. Tout est triste aujourd'hui autour de nous. Seule la mystique nous redonnera le bonheur.

Trouver Dieu et pouvoir le faire passer aux hommes est un vrai défi aujourd'hui. Comment faire connaître le désir de Dieu, le désir de Le rencontrer? Car pour les hommes la rencontre avec Dieu, c'est l'essentiel. D'où un retour à la mystique, mais la vraie mystique, celle qui permet de vivre avec Dieu. Retour au spirituel, car nous sommes les créatures de Dieu, nous Lui appartenons et Lui seul décide ce qui nous convient.  Les hommes semblent décider tout seuls, en fait Dieu propose mais laisse aux hommes leur liberté totale. Pourtant, le monde ne s'est pas fait tout seul.

Il faut encore revenir à la création; la Bible dit que Dieu modela l'homme avec un peu de boue: bien sûr, c'est une image car nous ne saurons jamais ce qui s'est passé lors de la création. L'univers a été fait par Dieu, mais comment? Nos scientifiques s'acharnent à découvrir ce qui s'est passé, au début de la création. Ils ont découvert le Bigbang. Mais ils découvrent aussi qu'il y a "quelque chose" derrière, mais ils ne savent pas quoi… Ils butent, car pour l'instant, nous ne savons pas aller derrière le Bigbang. Il me semble que nous ne pourrons jamais y aller, du moins tant que nous serons sur la terre, car c'est l'affaire de Dieu, et de Dieu seul. Quoi qu'il en soit, nous pouvons toujours imaginer, compte tenu des toutes nouvelles théories physiques concernant la constitution de la matière, qui serait faite d'ondes. Ainsi, peut-être, Dieu, un jour, envoya une onde, créant l'univers fait de matière. Bien plus tard, si nous considérons notre temps à nous, il envoya, dans le monde des êtres vivants qu'Il venait de créer, une nouvelle onde, un peu comme la foudre, et un être vivant qui se tenait debout reçut l'esprit. L'Homme était créé… Quand on est un scientifique, on peut toujours imaginer… Mais seul Dieu pourra, s'il le veut, nous révéler sa Vérité. 

Précisons notre réflexion imaginative. Les animaux, faits de matière, avaient reçu une certaine sensibilité. Quand Dieu envoya le "coup de foudre" qui insuffla l'esprit dans l'animal qui se tenait debout, l'homme fut créé. Oui, Dieu donna l'esprit à l'homme, l'esprit que seuls, sur la terre, les hommes possèdent. À partir de là surgissent mille questions dont on ne peut trouver les réponses que dans la Bible, le catéchisme, l'Évangile. Mais poursuivons notre réflexion… Dieu, nous ne pouvons pas Le voir car nous sommes, dans notre atmosphère terrestre, comme des poissons dans l'eau. L'eau est le milieu vital du poisson, et si le poisson sort de l'eau, il meurt. De même, si l'homme sort de l'air atmosphérique il meurt. Allons encore plus loin: Dieu ayant donné une toute petite part de son esprit aux hommes, Dieu est devenu le milieu vital de l'homme; et si l'homme sort de son milieu vital, il meurt. Et nous sommes bien obligés de constater que notre monde contemporain ayant voulu sortir de Dieu, son milieu vital, est en train de mourir. Comment cela peut-il se passer?

Depuis l'origine de l'homme, Satan cherche à le tuer en le faisant sortir de son milieu vital qui est Dieu. Aujourd'hui il semble réussir, et une grande part de l'humanité a quitté son milieu vital. Et, continuant à suivre les conseils délétères de son plus cruel ennemi, les hommes croient avoir trouvé un nouveau milieu vital: l'athéisme. En réalité, l'humanité meurt.  De toute urgence les hommes doivent quitter le monde des athées et retrouver leur vrai milieu vital: Dieu. Et nous savons que Dieu, qui est toute miséricorde, nous pardonnera, car nous ne savons pas ce que nous faisons. Oui, Dieu nous pardonnera, mais à condition, toutefois, que, reconnaissant nos erreurs, nous nous repentons. Or, se repentir, c'est trouver Dieu, Lui parler, reconnaître sa puissance et sa bonté, c'est donc devenir mystique.

FIM
Paulette Leblanc

25 avril 2013

SUR LA MYSTIQUE - II


La mystique et les moyens modernes - I



À partir de maintenant, il est difficile de poursuivre notre réflexion sans juger ceux qui ont participé à la dégradation dramatique de notre civilisation. Nos contemporains "anciens", ou bien ont tout perdu de leur foi chrétienne[1],  ou bien, ils ne comprennent plus rien à ce qui s'est passé et continue de se passer: alors, quelle souffrance! Pourtant il faut revenir à Dieu. Mais que donner à nos jeunes foyers qui reviennent un peu l'Église? Comment donner Dieu aux hommes qui Le cherchent? À travers les moyens techniques modernes? Certainement, mais nous avons pris tellement de retard par rapport aux actions de Satan: la télévision est infestée, la radio, sauf dans les voitures, est peu écoutée, et son niveau intellectuel et spirituel n'est pas très élevé. Il reste Internet. Mais Internet est déjà infecté. D'où un autre sévère constat.

Revenons quarante ans en arrière. Que de responsables religieux disaient que les fidèles devaient, pour mieux évangéliser… suivre la mode, au moins un peu, pour être dans le monde, sans être du monde. En fait la mode s'arrêtait aux vêtements, au superficiel, et l'essentiel a été oublié: l'enseignement a été négligé; le Concile Vatican II dont tout le monde parlait sans l'avoir jamais lu, a été tordu; les moyens techniques qui auraient pu devenir d'extraordinaires moyens d'évangélisation, méprisés. Ce fut partout une véritable invasion diabolique, "pour une durée de 1000 ans", conformément aux prédictions du chapitre 20 de l'apocalypse? Nous ne savons pas. Mais en attendant, que faire? Aujourd'hui, comment l'Église peut-elle retrouver son unité, réinvestir les médias, rééduquer les peuples? La tâche est immense et Dieu seul peut la réaliser; mais nous, nous devons prier, espérer. Oui, espérer, mais pas en demeurant inerte; il faut espérer, mais en témoignant, en aimant, en servant, en priant. Que tous ceux qui le peuvent témoignent, se convertissent et fassent pénitence, selon les conseils de la Sainte Vierge Marie dans toutes ses nombreuses apparitions. Les chrétiens doivent tous redevenir des mystiques.

Et puis, il faut recommencer à enseigner, dans les familles, dans les écoles, et par l'intermédiaire des moyens modernes de communication: télévision, radio, internet. Que de travail! Les chrétiens doivent aussi retrouver leur unité et soutenir les communautés nouvelles et traditionnelles, les seules qui aient des vocations. Ils doivent aussi convertir les prêtres; non, ce n'est pas une exagération... Presque tous nos prêtres sont âgés: plus de 70 ans, voire 75 dans de nombreux diocèses. Ces pauvres prêtres ont dû traverser tant d'épreuves, surtout depuis 1968. Cependant on peut se demander parfois, s'ils ont encore la foi? Quelques jeunes prêtres arrivent, pleins de joie et de foi. Nous les aimons beaucoup, mais souvent leur manque de formation nous étonne. Les quelques séminaires où ils ont été préparés, ont-ils été infestés, eux aussi? Comment faire retrouver Dieu et Le faire aimer? Satan a tellement tout envahi… et en plus, il y a maintenant l'islamisme… Et comme notre Église, en France, a oublié d'enseigner le catéchisme depuis plus de 50 ans, nos enfants et nos adolescents qui cherchent Dieu se convertissent à l'islam, même les filles, ce qui est tout de même surprenant! Mais quand on cherche Dieu, on va là où l'on peut Le trouver.

Seigneur, hâtez-vous de revenir! Apprenez-nous à enseigner la foi, Dieu et la morale, ce pauvre mot que l'on a banni et remplacé par l'éthique… Seigneur, redonnez la foi à tous nos contemporains. Faites qu'ils vous connaissent et qu'ils vous aiment! Faites que nous nous convertissions tous, et que nous vous aimions vraiment: alors seulement nous aimerons notre prochain. Car il faut d'abord aimer et servir Dieu avant d'aimer et de servir notre prochain. Et surtout, Seigneur, apprenez-nous à vous chercher, à vous rencontrer, à vivre avec vous, pour mieux vous connaître, mieux vivre vos commandements d'amour, et être de vrais mystiques, donc des chrétiens heureux. Sommes-nous tous appelés à devenir des mystiques? Probablement.

Nous avons un nouveau pape, dont le nom est François. Il fut pendant des années un cardinal pauvre, très près de tous ceux qui avaient de grands besoins, matériels et spirituels. D'où le nom qu'il s'est choisi. Mais il est jésuite, et peut-être a-t-il pensé à saint François-Xavier. Peut-être sera-t-il un pape missionnaire, voulant convertir le monde et lui redonner le Christ, poursuivant le travail de Jean-Paul II et de Benoît XVI. Peut-être que sur ses demandes, l'Église sera conduite à ré-enseigner la vérité de Dieu, revenir à ses commandements qui sont sa Loi d'amour. Que de souffrances sont en vue pour lui, physiques comme pour Jean-Paul II et morales comme pour Benoît XVI.

À SUIVRE
Paulette Leblanc


[1] Au moins 85% des personnes qui vivent dans les maisons de retraite ne connaissent plus Dieu.

SUR LA MYSTIQUE - I


Devons-nous vivre un retour à la mystique?



Tous les hommes doivent apprendre pour connaître, car connaître est indispensable pour aimer Dieu, vivre dans la joie de ses commandements et de sa volonté si pleine de sa miséricorde; c'est quand nous connaissons que nous découvrons le bonheur de Dieu, bonheur qu'Il nous donne à flots, en même temps que sa vie. Certes, vivre avec Dieu ne supprime pas la souffrance, ni les incompréhensions, ni les épreuves; mais aucune douleur ne peut nous ôter la joie que Dieu nous donne, joie que tous les martyrs de tous les temps, ont tellement manifestée.

Aujourd'hui, un phénomène nouveau semble se manifester: l'apparition d'une nouvelle mystique. Autrefois, les saints venaient le plus souvent des familles chrétiennes: dès leur plus jeune âge, ils connaissaient Dieu. Aujourd'hui les familles sont athées ou indifférentes, l'enseignement est faussé, les sectes, œuvres de Satan, se multiplient, l'hédonisme, le pouvoir et l'argent règnent en maître. Mais soudain, pour quelques personnes, c'est comme si le ciel s'ouvrait. Comment expliquer cela?

Imaginons…  Nous sommes emprisonnés dans une grande pièce toute noire. Nous ne voyons rien et nous sommes très tristes, déprimés… Soudain les fenêtres s'ouvrent; la lumière pénètre à flots: elle n'aveugle pas car cette Lumière vient de Dieu. Nous sommes en Dieu, heureux et nous voudrions que tout le monde reçoive cette lumière: que faire? Tout simplement témoigner, témoigner, et encore témoigner, tout en fortifiant sa foi, donc en apprenant, c'est-à-dire en recevant des enseignements. Pour donner Dieu, il faut découvrir Dieu, mais quel Dieu?

Il est un autre point de la nouvelle mystique que les "vieux" chrétiens ont du mal à comprendre. Les nouveaux convertis, utilisant leur langage courant, parlent généralement de "sensations", de ressenti". Ils ont un impérieux besoin de "sentir" Dieu, qu'ils aiment vraiment. Ils feraient, disent-ils, n'importe quoi pour continuer à "sentir" Dieu, mais bientôt surgissent des difficultés imprévues. Il faut obligatoirement sortir des plaisirs, de son confort, de ses péchés, mais aussi de son égoïsme, du sexe, de toutes ces choses mortelles que l'on enseigne dans nos écoles comme étant les nouvelles et vraies valeurs.

À SUIVRE
Paulette Leblanc

13 mai 2012

CONVERSATION INTÉRESSANTE...



Et si c'était vrai!...

– Combien il a été intéressant le culte d’aujourd’hui, Georges !

– Oui, Édouard ! La dissertation du pasteur sur le roi David a été géniale ! Quel grand homme de Dieu !
– Tu sais, Georges, que dès que j’ai quitté la religion catholique, je me sens beaucoup mieux : je ne fume plus, je ne me chamaille plus avec mon épouse, je ne maltraite plus mes enfants. À dire vrai, quand j’étais catholique, je ne sentais pas Dieu en mon cœur. Je ne lisais pas la Bible non plus…
– C’est vrai, Édouard : ces messes ennuyeuses, répétant toujours les mêmes choses… Et, quelle horreur que cette idolâtrie à Marie ! Cela n’a rien à voir avec Marie de la Bible…
– Plaise à Dieu qu’un jour Il nous présente Marie telle qu’Elle est en vérité !
– Que Dieu vous bénisse, vous les enfants de Dieu !
– Édouard, quelle est cette lumière si forte ? Je n’arrive pas à voir !
– Je ne sais pas, Georges… On dirait le soleil !
– Je suis un Ange, envoyé par le Seigneur. J’ai écouté votre prière et je veux vous procurer l’occasion de vous faire une idée précise de ce qu’est la Vierge, telle que vous croyez qu’elle doit être. Toutefois, en contrepartie, le Seigneur vous demande la construction d’un lieu de prière, là où vous voulez prier. C’est alors que le Seigneur Jésus-Christ se manifestera à vous.
– Et pourquoi pas, mon Seigneur ? Pour toi, nous ferons tout, bien évidemment !
– Oui, Georges ! Commençons, sans tarder !
– Bien, Édouard… La première chose que nous devons enlever de la Vierge des Catholiques c’est la couronne. Elle n’a jamais été reine ! Le seul Roi des rois c’est Jésus, notre Seigneur !
– Bien entendu, George ! La deuxième chose que nous devons faire c’est de lui enlever le titre d’Immaculée. Qui oserait croire à un tel blasphème? Ces catholiques, qui veulent nous faire croire que Marie est née sans péché, comme si le Christ n’était pas mort pour nos péchés !
– Édouard, la troisième chose à faire est de lui enlever le titre de Mère de Dieu. Peut-on croire que Dieu puisse avoir une Mère ? Marie serait-elle plus grande que Dieu ?
– Et enfin, arrêtons de la prier. Elle a été une femme bonne, mais Elle est morte, et attend, comme tous les autres, la résurrection finale.
– Maintenant, Édouard, je crois que nous avons retrouvé la Marie de la Bible !
– Très bien, Georges. Allons maintenant construire pour le Seigneur Jésus un lieu de culte. Pour Lui nous devenons le faire le plus beau possible. Tu sais qu’à Dieu on doit offrir ce qu’il y a de plus beau ! Tout comme Salomon a utilisé les meilleurs matériaux pour la construction du Temple de Jérusalem, nous devrons en faire de même.
– Exactement ! Nous allons acheter les matériaux les plus beaux et de la meilleure qualité ! Je suis certain que le Seigneur nous récompensera du fait que nous voulons Lui offrir le meilleur de ce qui existe !

Quelque temps plus tard...

– Dieu vous bénisse, enfants de Dieu !
– Regarde Édouard, l’Ange est de retour !
– Nous avons terminé l’œuvre que le Seigneur nous commandée. Nous avons aussi remis la Vierge à sa place, selon la Bible et non pas comme le prétendent ces païens de catholiques.
– Le Seigneur vous demande de vous présenter devant Lui, annonça l’Ange.
– Oh ! Georges, quel moment merveilleux cela va être !
– Mais… Seigneur Jésus, pourquoi pleures-tu ?
– N’avons-nous pas fait correctement ce que tu nous as demandé ?
– Mes enfants, je vous aime comme personne ne peut vous aimer en ce monde ! Sachez que je n’ai pas craint de Me faire homme pour vous sauver ; je n’ai pas craint de verser mon Sang sur la Croix. J’ai bien observé ce que vous avez fait et, je reste triste de voir à quel point vous avez méprisé mon Père, vous glorifiant de votre œuvre humaine.
– Mais, Seigneur, nous ne comprenons plus rien…
– Regardez ce que vous avez fait de ma Mère ! Mon Père céleste a choisi, pour ma venue sur terre, une femme spéciale : Il l’a idéalisée avant même de créer le monde ; Il l’a préparée pour cette mission, celle de me recevoir, de prendre soin de moi, de m’éduquer et, jusqu’au dernier moment de ma vie Elle est toujours restée avec moi, mais vous, vous avez tout changé : Vous lui avez enlevé la couronne que mon propre Père lui avait donnée. Ne savez-vous pas que la Mère du Roi est la reine ? N’avez-vous lu la Bible que vous annoncez tant lire ? Si vous proclamez en 2 Timothée, 2,12, que vous règnerez avec Moi, comment osez-vous l’empêcher de régner, Elle aussi ? Si Elle n’est pas Reine, Elle n’est pas non plus ma Mère, car la Mère du Roi est Reine. C’est celle-là la mère que vous voulez pour Moi ?
Vous lui avez enlevé le titre d’Immaculée Conception. Cela aussi est contraire à la Parole. Ne savez-vous pas que rien d’impure ne peut approcher Dieu ? Si Elle avait été “contaminée” par le péché, comment aurais-je pu rester dans son sein ? Comment pouvez-vous imaginer que mon Père ait pu me placer dans un ventre pécheur ? Dieu appliqua à ma mère, de manière préventive, les mérites de ma Rédemption. Si Elle était une pécheresse, comment aurait-Elle pu me donner sa chair ? C’est celle-là la Mère que vous voulez pour Moi ?
Vous lui avez enlevé la maternité divine. Combien cela me cause de douleur ! Combien de fois, vous, dans vos cœurs, ne me proclamez-vous pas votre Dieu et Sauveur ? Et maintenant vous venez me dire que la Femme par laquelle je suis venu en ce monde n’est pas la Mère de Dieu ! Ne suis-je plus votre Dieu ? N’est-Elle plus ma Mère ? Si Elle n’est plus la Mère Dieu, qui suis-je pour vous ? C’est cette Mère-là que vous voulez pour moi ?
Vous lui avez ôté le pouvoir d’intercession et l’avez déclarée morte. N’avez-vous pas lu dans la Parole que Dieu est le Dieu des vivants et des morts ? Vous oubliez que mon premier miracle s’est produit à Cana, et que je l’ai réalisé à la demande de ma Mère ? De la même façon qu’Elle est restée au pied de la Croix pour recevoir mon Corps, Elle reste encore et prie devant Moi, exclusivement pour intercéder pour vous. C’est celle-là la Mère que vous voulez pour Moi ?
Maintenant, dites-Moi : si vous aviez à Me choisir une Mère, choisiriez-vous une pécheresse ? Quelqu’un qui n’aurait pas pu mettre au monde le Verbe Divin ? Quelqu’un qui ne serait pas Roi, alors qu’Elle ne serait pas Reine ? Combien cela me fait souffrir, mes enfants, que ce soit cela que vous m’auriez donné pour mère…
— Seigneur, en effet, nous avions pensé de la sorte… En vérité nous ne comprenions pas la Vierge… Nous étions tellement aveugles, ne pensant qu’à t’adorer, que nous ne voulions pas découvrir le rôle de Ta Mère dans le plan du Salut.
– Oui, Seigneur, moi aussi je me sens mal, de te voir pleurer à cause de ce que nous avons fait ; et plus encore, sachant que c’est ce que font beaucoup de nos frères, qui se disent “chrétiens” : nous ne valorisons pas ta Mère comme le font les catholiques.
– Mes chers enfants, ce qui me fait encore plus mal c’est de voir que la construction que vous avez érigée avec les meilleurs matériaux : que pour celle-ci vous n’avez pas regardé aux dépenses, en cherchant ce qu’il y avait de plus beau : vous avez voulu Me glorifier, m’offrant un lieu digne de Moi. Toutefois, le lieu que mon Père a voulu Me donner – le ventre immaculé de Ma Mère – vous paraissait absurde et anti biblique.
– Oh ! Seigneur, par pitié, ne va pas plus loin, car j’ai ma gorge serrée ! Pardonne-moi ! Je te promets que dorénavant je donnerai à Ta Mère la place qu’Elle mérite. Et cela je ne peux le faire qu’en une seule Église ! Je t’aime, Jésus !
– Édouard ! Réveille-toi! Lève-toi! Le culte est terminé! Tu as fini par t’endormir…
– Ma Sainte Vierge !
– Tu es fou, Édouard ? Arrête de dire cela ! As-tu été victime d’un cauchemar?
– Non, bien au contraire ! J’ai eu la plus grande révélation de ma vie : j’ai assisté aux pleurs de Jésus !

Irene David dos Santos
Traduction : Alphonse Rocha

24 décembre 2011

SAINT ET JOYEUX NOËL


Oh! Sainte nuit de Noël
Qui nous as apporté le Sauveur!
Béni soit le Seigneur notre Dieu
Qui a bien voulu venir pour nous,
Pour nous sauver,
Pour nous apporter la joie de la rédemption…
Bénie soit celle « qui a cru »
Et qui l’a porté dans son sein !
Seigneur,
En cette sainte nuit de Noël,
Viens nous réveiller
Et nous montrer l’aurore d’un nouveau jour,
Le commencement de notre salut.
Gloire à Dieu au plus haut des Cieux ;
Paix sur la terre aux hommes, à tous les hommes
Que tu as créés pour toi, par amour !
SAINT ET JOYEUX NOËL !

20 juillet 2011

LE SANG DE L’AGNEAU - 3

(suite du Chapitre I)

“Mon cœur… laisse s’écouler une petite goûte de sang...”

Au moment où Alexandrina écrit pour son journal spirituel, un autre grave problème la contrarie : l’éloignement de son Directeur spirituel, le père Mariano Pinho — interdit par ses supérieurs de continuer à suivre la “Petite Malade de Balasar”. Elle s’en plein ce même jour :

« L’état de mon âme s’est ainsi aggravé depuis que j’ai appris combien on fait souffrir mon Père spirituel ; mais cela n’ébranle pas ma confiance en Jésus et je suis sûre qu’Il fera rejaillir son innocence ».

Quelques jours plus tard, Alexandrina revient sur l’état de son âme, su ce sang qui jaillissait abondamment et que maintenant semble tarir :

« Mon cœur continue comme une lampe affaiblie. De loin en loin il laisse s’échapper une petite goutte de sang que l’humanité vient aussitôt laper. Chacune de ses gouttes semble être la dernière. Je sens que mon cœur n’est attaché à la vie divine que par un fil très mince qui à la moindre tension peut se casser » [1].

Il ne reste plus grande chose de ce sang qui nourrissait l’humanité. Alexandrina s’en plaint, mais elle se plaint avec confiance : elle ne doute nullement de la miséricorde de divine, elle ne fait que constater que ce “fil très mince de la divine miséricorde” peut se rompre à tout moment, risquant ainsi de priver l’humanité de son aliment essentiel :

« Le mince fil de la vie divine qui attachait mon cœur, même si je ne le sens plus, je sais qu’il est toujours là. Je sens également qu’à chaque instant il menace de se rompre. La furie de la terrible tempête le pousse dans tous les sens. De l’endroit qu’occupait mon cœur, sortent de temps à autre quelques rares gouttes de sang. Je comprends, maintenant, combien l’humanité en a besoin : avec quelle frénésie elle vient avaler ces quelques gouttes !
Ô mon Jésus, n’abandonnez pas la pauvrette qui a toujours, et maintenant encore, confié en Vous. Même si je sens, au milieu des ténèbres, que tout semble perdu, je n’espère qu’en Vous seul. » [2]

L’angoisse d’Alexandrina était grande, et grandes étaient aussi ses souffrances, si grandes que le Seigneur a jugé bon de la consoler, de lui insuffler du courage :

« “Ma fille, ma petite fille, ne crains pas, ne crains pas, car tu n’as rien à craindre. Tu as en toi la force du Ciel et de la terre. La chair et le Sang de Jésus sont ton aliment. Incruste en ton cœur ma divine image et, lors des moments d’angoisse, regarde-la et contemple-moi crucifié. Aie courage ! C’est la vague de crimes qui recouvre le monde. Aie pitié de ma douleur. Répare, ma fille, répare pour les pécheurs. Aie courage ! Ma divine volonté s’accomplira. Ma fille, ma petite fille, mon amour !”
Il m’enlaçait, me caressait, m’embrassait, et en  même temps que je recevais les baisers de Jésus, je sentais entrer en mon cœur une grande force. Lui, et Lui seul est la force des faibles ! »[3]

À sainte Mechtilde d’Hackerborn, au XIIIe siècle, que nous avons déjà citée, le Seigneur répétait presque les mêmes phrases :

« Viens te repentir, viens te réconcilier, viens te consoler, viens te faire bénir. Viens, mon amie, recevoir tout ce que l'ami peut donner à celui qu'il aime. Viens, ma sœur, posséder l'é-ternel héritage que je t'ai acquis par mon sang. Viens, mon épouse, jouir de ma Divinité » [4].

Le cœur d’Alexandrina et le Cœur de Jésus vont s’unir à point tel qu’ils ne formeront plus qu’un seul, souvent rejoints par celui de Marie, formant ainsi une trinité très particulière et très unie.
Au mois de septembre 1943, Jésus lui dira :

― « Ma fille, amour, amour, amour. Ton cœur et le mien ne sont qu’un seul cœur ; tu es toute transformée en moi. Je suis ta vie. Tu n'as pas la vie humaine, tu as la vie divine. Tu n'as pas la vie de la terre, tu as la vie du ciel. Ta vie aura toujours des épines, une épine pénétrera une autre épine et ainsi crucifiée à ma ressemblance tu iras au ciel clouée sur la croix par amour pour moi. Demande-moi ma fille, demande tout ce que tu veux par le nom de mon sang divin et au nom des douleurs de ma sainte Mère, tu obtiendras tout » [5].

“Tu es toute transformée en moi”, lui affirma Jésus et, celle-ci n’est pas la seule fois où Il lui annonce cette transformation.
Mais cette transformation, cette “image” du Christ qu’elle incarne, sera même visible quelquefois pour certains de ceux qui l’ont visitée dans sa petite chambre de Balasar.
Un jour, un prêtre, théologien confirmé, visita la “Petite malade de Balasar”, lui posa de nombreuses questions, dont certaines représentaient de vraies difficultés théologiques et Alexandrina y répondit avec la simplicité et l’humilité qui lui étaient habituelles. Le prêtre, qui ne se considérait pas comme quelqu’un possédant la “science infuse”, était émerveillé par ses réponses simples et pleines de bon sens. Avant de prendre congé, il demanda à son hôte si elle acceptait de prier avec lui. Alexandrina accepta, bien entendu avec joie. Le prêtre s’agenouilla à côté du lit et tous deux récitèrent quelques prières. Au moment où il se levait pour prendre congé, sa surprise fut grande, car il ne voyait plus le visage d’Alexandrina, mais celui du Christ souffrant. Il en témoigna volontiers :

“Je suis professeur de théologie, mais jamais, m’a expliqué avec des paroles aussi simples et pourtant si justes ; le mystère de la Très Sainte Trinité, comme l’a fait Alexandrina”.
Jésus l’avait pourtant annoncé à plusieurs reprises qu’il en serait ainsi :
« Cette baume que je pose sur tes lèvres, c’est pour que celles-ci se fortifient et que tu puisses parler aux âmes de mon amour, que tu les conseilles avec la lumière de l’Esprit-Saint, afin qu’elles se réconcilient avec moi et suivent ma loi » [6].

Et encore :

« Heureuses celles (les âmes) qui viennent près de toi et que ton regard atteint ! C’est mon regard sur elles, ce sont mes tendresses et ma compassion. Je t’ai créée pour elles, pour cette sublime mission ».
« Je suis ta vie ; tu n’as pas de vie humaine, tu as la vie divine. Tu n’as pas la vie de la terre, tu vis la vie du Ciel ».

Ceci, le professeur de théologie l’ignorait. Toutefois, il faut le dire, il nous donne une grande leçon d’humilité et de loyauté : il a su accepter une évidence et, peut-être à cause de cette humilité et simplicité, le Seigneur lui accorda la grâce de voir sa sainte Face.
Nous lisons encore dans les écrits d’Alexandrina cette promesse de Jésus : “Demande-moi ce que tu voudras au nom de mon divin Sang”. C’est que le Sang rédempteur a une valeur inestimable, un mérite insondable.
Saint Bernard de Clairvaux, le grand Docteur de l’Église, commentant le Cantique des Cantiques, écrit :

« Mais si votre sang n'interpelle pour moi votre miséricorde, je ne serai point sauvé. C'est pour obtenir toutes ces grâces que nous courons après vous; accordez- nous ce que nous vous demandons, puisque nous crions vers vous » [7].

Parlant de ce Sang à nul autre comparable, sainte Catherine de Gênes, l’auteur du “Traité du Purgatoire”, dit dans ses “Dialogues” :

« Dieu ouvre en quelque sorte la veine et tire le sang à l'humanité ; et l'âme reste comme plongée dans un bain et, quand il n'y a plus de sang dans le corps, et que l'âme est toute transformée en Dieu, alors chacun s'en va en son lieu autrement dit : l'âme reste en Dieu, et le corps va au sépulcre » [8].

Parlant de son Sang rédempteur, le Sang qu’il a si généreusement versé jusqu’à la dernière goûte, Jésus dit un jour à sainte Gertrude d’Helfta :

« Par mon Saint-Esprit, je te ferai ma fiancée je t’attacherai à moi par une union inséparable. Tu demeureras chez moi, je t’enfermerai dans mon vivant amour. Je te revêtirai de la pourpre glorieuse de mon sang précieux. Je te ferai une couronne d’un or choisi, de l’or de ma mort douloureuse. Pour moi-même j’accomplirai ton désir, et aussi je te réjouirai pour l’éternité » [9].

Voyons maintenant, plus attentivement le charisme très particulier dont nous avons parlé plus haut et qui est l’objet de notre humble travail : la transfusion.


[1] Sentiments de l’âme : 14 mai 1942.
[2] Sentiments de l’âme :  24 mai 1942.
[3] Sentiments de l’âme : 27 mai 1943.
[4] Sainte Mechtilde de Hackerborn : Le Livre de la grâce spéciale, Deuxième partie, chapitre I, 1.
[5] Sentiments de l’âme :  18 septembre 1943.
[6] Sentiments de l’âme :  1er septembre 1950.
[7] S. Bernard de Clairvaux : Sermon XXII sur le Cantique dês Cantiques.
[8] Sainte Catherine de Gênes : Dialogues, chap. 9.
[9] Sainte Gertrude d’Helfta : Les Exercices, 3.

11 juillet 2011

LE SANG DE L'AGNEAU - 2

Comment cela commença

Vers le mois d’avril 1942, Alexandrina commença à vivre la destruction de son propre corps, comme elle-même nous le dit :
« Depuis le Vendredi-Saint j’ai commencé à me sentir morte sur le calvaire au milieu des plus denses ténèbres et dans un grand abandon. Tous les lions se sont acharnés sur moi. Mon corps n’a pas eu de sépulture ; les oiseaux de nuit, malgré les noires et denses ténèbres, venaient manger mon cadavre » [1].
Alexandrina venait de terminer de vivre la passion, comme tous les vendredis, mais cette fois-ci la passion n’eut pas la conclusion habituelle. Elle l’explique dans le journal du même jour :
« Je suis restée longtemps dans cette souffrance et maintenant encore je sens ces oiseaux enfoncer leur bec dans mes os, les réduisant en cendres. La croix où j’ai été clouée est tombée à terre, mais je sens encore qu’une partie de mon corps reste prisonnier des clous »[2].
Cette partie du corps qui est encore prisonnière des clous, va devenir, pour ces oiseaux — qui représentent l’humanité — d’un intérêt primordial alimentaire, pourtant de survie :
« Ces oiseaux — poursuit Alexandrina — ont encore beaucoup à becqueter dans mon corps qui n’a aucune vie sur terre, seul mon cœur semble avoir vie, mais une vie qui n’est pas humaine, c’est la vie divine et cette vie divine lui procure du sang et je sens que l’humanité entière vient boire à cette vie divine, comme des petits oiseaux. »
Déposé — sans sépulture — au milieu d’un vaste cimetière, le corps d’Alexandrina va, petit à petit, se transformer en cendres, sans, néanmoins, que l’humanité, représentée par ces rapaces, continuent de s’alimenter dans ce corps en décomposition, où il ne reste plus le “cœur [qui] semble avoir vie, mais une vie qui n’est pas humaine, c’est la vie divine et cette vie divine lui procure du sang et je sens que l’humanité entière vient boire à cette vie divine, comme des petits oiseaux”.
Mais, quelque chose de plus douloureux ressort de ce constat :
« Je sais maintenant que ce ne sera que quand ces oiseaux nocturnes auront réduit mon corps en cendres que je pourrai partir ».
Une autre constatation importante, qui aura des répercussions futures est celle-ci :
« Je ne me sens plus sur la croix : c’est toujours cette souffrance que je viens de décrire. Mais celle-ci n’est pas moins douloureuse ».
Ceci veut dire, ou signifie, que la passion vécue jusqu’alors par Alexandrina — passion visible, bien entendu — va se terminer, mais qu’elle sera remplacée par une autre passion, vécue elle aussi, non seulement tous les vendredis, mais toutes les fois que le Seigneur la jugera opportune et l’exigera de sa victime, pour le salut des âmes pécheresses. Cette nouvelle façon de vivre la “passion” du Seigneur, durera jusqu’à la mort de la “Victime de Balasar”, selon ce qu’elle a expliquée, elle-même, au père Umberto Pasquale qui l’interrogea à ce sujet :
« Autrefois, ces sentiments et souffrances (relatifs à la passion) je les souffrais spécialement pendant les trois heures du vendredi, de 12 à 15 heures ; les souffrances de la passion se succédaient dans un ordre logique, maintenant ce n’est plus le cas. L’épouvante que me causent ces douleurs est pour ainsi dire permanente : les mardis, les mercredis, les jeudis et même les vendredis : à des heures bien particulières je souffre tel ou tel moment de la passion » [3].
Lors du procès informatif mené par le diocèse de Braga, Deolinda da Costa, sœur d’Alexandrina, témoigna :
« Après 1942 les manifestations extérieures de la Passion ont cessé mais jusqu’à la mort elle en a vécu intérieurement les tourments. Ces « extases douloureuses », comme on les appelle, je crois, ont continué jusqu'à sa mort » [4].
L’affirmation ci-dessus annonce également la prochaine consécration du Monde au Cœur Immaculé de Marie, étant donné que la passion visible, telle que la vivait Alexandrina, était un “signe” visible donné par Jésus pour confirmer la véracité de son désir de voir le monde consacré à sa Mère bénie, demande qu’Il avait confiée à Alexandrine depuis 1635.
Poursuivant la description de l’état de son âme dans ce cimetière où elle n’avait pas été ensevelie, elle écrit encore dans son journal spirituel :
« Je sens les lions qui profitent autant qu’ils peuvent de cette chair, mais cette chair pourrit déjà, elle est puante, et ces oiseaux, enfoncent leurs longs becs dans les os et les taraudent. Vous ne pouvez pas comprendre combien je souffre : moi-même je ne sais pas l’expliquer ».
L’état de l’âme d’Alexandrina est vraiment affligeant et insupportable, car le 6 mars de cette même année 1942, elle écrit dans son Journal un cri qui semble venir du plus profond de son âme :
« Ô ténèbres, ô ténèbres épaisses et affligeantes ! Ô Ciel, ô Ciel, donne-moi ta lumière !
Mon cœur est tellement blessé que l’on dirait qu’il n’a même plus la forme d’un cœur humain. Toutefois, il est comme une source abondante de sang. C’est la vie divine qui le fait ruisseler. Je sens que toute l’humanité y boit avidement, de peur que le sang cesse de couler » [5].
“Mon cœur — dit-elle – est comme une source abon-dante de sang”. Mais il n’en sera pas toujours ainsi, car la “source” va diminuer de volume et ce sang qui d’elle coulait, s’écoulera avec parcimonie, au point qu’une intervention divine soit nécessaire : la transfusion du Sang divin vers le cœur — et même vers le corps — d’Alexandrina.
C’est à cette “transmission” ou transfusion que nous allons consacrer ce travail — comme déjà dit par ailleurs —, étant donné qu’il n’est pas fait mention, dans les annales de l’Église Catholique qu’un tel charisme ait été accordé à un bienheureux ou à un saint, par le passé : que Jésus alimente l’une de ses âmes victimes faisant passer de son propre Cœur vers le cœur de celle-ci le sang qui lui permettra de poursuivre sa mission de salut et de rédemption, de racheter un plus grand nombre d’âmes pécheresses ; de participer activement à l’œuvre de Rédemption du Sauveur.
Nous avons interrogé un certain nombre de spécialistes en théologie ascétique et mystique, nous avons nous-même fait des recherches dans ce sens, mais nous n’avons pas trouvé ce charisme chez d’autres saints, sauf chez la bienheureuse Angèle de Foligno — comme déjà dit —  et, sur une autre forme encore, chez sainte Mechtilde de Hackerborn, où certaines ressemblances existent, il est vrai : elle “plongeait” dans le Cœur divin pour y reprendre des forces, surtout spirituelles :
« Enfin [Jésus] unit son très doux Cœur à celui de sa bien-aimée ; il lui appliqua le fruit de tout son travail de méditation, de dévotion, d'amour, el l'enrichit de tous ses biens. Alors cette âme tout entière, incorporée au Christ Jésus, fondue par l'amour, comme la cire par le feu, recul le sceau de la ressemblance divine. C'est ainsi que celle bienheureuse devint une même chose avec son Bien-aimé » [6].
Plus tard, à cette même Sainte, le Seigneur dira que quand une âme est admise dans son intimité, “il s'est donné lui-même de nouveau, avec tout ce qu'il est [Corps et Sang], pour être votre consolateur”[7].


[1] Sentiments de l’âme : 3 avril 1942.
[2] Idem.
[3] Père Umberto Maria Pasquale, sdb : La passion de Jesus en Alexandrina.
[4] Summarium :  pag. 223.
[5] Sentiments de l’âme  : 6 mai 1942.
[6] Sainte Mechtilde de Hackerborn : Le Livre de la grâce spéciale ; Première partie, chapitre I.
[7] Sainte Mechtilde de Hackerborn : Le Livre de la grâce spéciale ; Première partie, chapitre XXII, 41.

LA NUIT OBSCURE - 1

Travers des commençants

Quelques-unes des nombreuses imperfections dans lesquelles les débutants tombent par rapport aux sept péchés capitaux.
Les pratiques saintes portent à l'humilité, et cependant, comme nos débutants se sentent pleins de ferveur et de zèle pour les choses spirituelles et les exercices religieux, il advient, par un effet de leur imperfection, qu'un rejeton d'orgueil se fait secrètement jour dans leur cœur. Vous les verrez très satisfaits d'eux-mêmes et de leurs œuvres : ils éprouvent un désir plein de vanité de parler devant d'autres des choses spirituelles, un penchant à enseigner plutôt qu'à s'instruire, à condamner intérieurement ceux qu'ils ne voient pas pratiquer le genre de dévotion qu'ils apprécient.
Souvent le démon, en vue de faire grandir en eux l'orgueil et la présomption, accroît leur ardeur pour telle ou telle œuvre extérieure, car il sait très bien que les bonnes œuvres et les pratiques de vertu accomplies dans ces conditions n'ont aucune valeur et sont même mauvaises.
Leurs maîtres spirituels viennent-ils à désapprouver leur esprit et leur conduite, ces débutants, qui entendent qu'on estime et qu'on loue leur spiritualité, déclarent que leurs confesseurs – ou leurs supérieurs – ne les comprennent pas et qu'ils ne sont pas spirituels, puisqu'ils ne les approuvent ni ne les favorisent. Là-dessus ils se mettent en quête d'autres maîtres plus à leur goût, car c'est la pente de l'esprit humain de communiquer volontiers avec les personnes qu'on voit disposées à vous louer et à canoniser vos voies. Ceux-ci fuient comme la mort les maîtres qui, pour les mettre dans un chemin sûr, visent à les rabaisser, et ils les prennent quelquefois en véritable aversion. Leur présomption fait qu'ils se proposent d'ordinaire de grandes choses, mais ils n'en réalisent qu'une très faible partie. Ils s'efforcent de captiver l'attention et la préférence des confesseurs, d'où naissent des jalousies et des inquiétudes sans fin. Parfois ils vont trouver un confesseur étranger pour s'accuser à lui de ce qui les humilie : ainsi leur confesseur ordinaire ne verra en eux que vertu...
Tantôt ils se soucient peu des fautes dans lesquelles ils tombent, tantôt ils s'attristent outre mesure de se voir encore sujets à des défauts ; car, dans leur pensée, ils devraient déjà être des saints... Ils détestent donner des louanges aux autres et aiment extrêmement qu'on les loue. De ces imperfections, il en est qui passent à d'autres, bien plus graves. Elles ont des degrés divers.
Ceux qui, en ce même temps, s'attachent à la perfection véritable procèdent d'une tout autre manière et sont dans une disposition d'esprit bien différente. Comme ils sont très humbles, ils ne font aucune estime de leurs propres voies. Dans la sérénité de leur humilité, ils ont grande envie qu'on leur donne un enseignement dont ils puissent profiter, bien différents de ceux dont nous avons parlé, qui voudraient en remontrer à tout le monde et qui, au moment où vous vous disposez à leur enseigner quelque chose, vous coupent la parole comme sachant déjà parfaitement ce dont il s'agit.

(Saint Jean de la Croix : La nuit obscure, Introduction)

10 juillet 2011

TOUT DONNER...

Si nous faisions de généreux efforts...

Parlons maintenant de ceux qui commencent à être les esclaves de l'amour; car, selon moi, c'est être esclave de l'amour que de se déterminer à suivre par ce chemin de l'oraison Celui qui nous a tant aimés. C'est là une dignité si haute, que je ne saurais y penser sans une joie extraordinaire. Il suffit de se montrer fidèle dans ce premier état, pour voir bientôt s'évanouir la crainte servile.
O Seigneur de mon âme! ô mon Bien! pourquoi n'avez-vous pas voulu qu'une âme résolue de vous aimer, prête à tout quitter pour mieux concentrer en vous ses affections, ait soudain le bonheur de s'élever à ce parfait amour? J'ai mal dit; je devais dire, en faisant retomber sur nous la plainte: Pourquoi ne voulons-nous pas? Car à nous seuls est la faute, si nous n'arrivons pas en peu de temps à cette dignité sublime, à ce véritable amour, source de tous les biens. Nous mettons notre cœur à si haut prix! nous sommes si lents à faire à Dieu le don absolu de nous-mêmes! nous sommes si loin de la préparation qu'il exige! Or, Dieu ne veut pas que nous jouissions d'un bonheur si élevé, sans le payer d'un grand prix. La terre, je le sais, n'a point de quoi l'acheter. Cependant, si nous faisions de généreux efforts pour nous détacher de toutes les créatures, pour tenir habituellement au ciel nos désirs et nos pensées; si, à l'exemple de quelques saints, nous nous disposions pleinement et sans délai; j'en suis convaincue, Dieu en fort peu de temps nous accorderait un tel trésor.
Mais il nous semble lui avoir fait un entier abandon lorsque, nous réservant la propriété et le capital, nous lui offrons les fruits ou les revenus. Nous nous sommes dévoués à la pauvreté et c'est un acte très méritoire; mais souvent nous nous jetons de nouveau dans des soins et des empressements, pour ne manquer ni du nécessaire ni du superflu. Nous travaillons à nous faire des amis qui nous le donnent, et nous nous engageons ainsi dans des soucis et des dangers, plus grands peut-être que ceux que nous trouvions dans la possession de nos biens. Nous croyons également avoir renoncé à l'honneur du siècle en entrant dans la vie religieuse, ou en commençant à mener une vie spirituelle et à marcher dans le sentier de la perfection; mais, a-t-on porté la plus légère atteinte à cet honneur, nous oublions aussitôt que nous l'avons donné à Dieu: pour le reprendre et nous élever encore, nous ne craignons pas de le lui arracher des mains, comme on dit, nous qui, en apparence du moins, l'avions rendu maître de notre volonté. Ainsi en usons-nous dans toutes les autres choses.
Plaisante manière, en vérité, de chercher l'amour de Dieu! On le veut dans toute sa perfection et sur-le-champ, et l'on conserve cependant ses affections; on ne fait aucun effort pour exécuter les bons désirs, ni pour achever de les soulever de terre, et avec cela on ose prétendre à beaucoup de consolations spirituelles! Cela ne saurait être, et de telles réserves sont incompatibles avec le parfait amour.
Ainsi, c'est parce que nous ne faisons pas à Dieu le don total et absolu de nous-mêmes, qu'il ne nous donne pas tout d'un coup le trésor d'un parfait amour. Plaise au Seigneur de nous le départir goutte à goutte, dût-il nous en coûter tous les travaux du monde! C'est une très grande miséricorde de sa part de donner à quelqu'un la grâce et l'énergique résolution de tendre de toutes ses forces à ce bien. Qu'il persévère, et Dieu, qui ne se refuse à personne, fortifiera peu à peu son courage, de manière à lui faire enfin remporter la victoire. Je me sers à dessein de ce mot courage; car, dès le principe, le démon, connaissant le dommage qui doit lui en revenir, et sachant que cette âme en sauvera un grand nombre d'autres, s'efforce de lui fermer, par mille obstacles, l'entrée du chemin de l'oraison. Mais si celui qui commence fait, avec l'aide de Dieu, de persévérants efforts pour s'élever au sommet de la perfection, jamais, à mon avis, il ne va seul au ciel. Il y mène après lui une troupe nombreuse; comme à un vaillant capitaine, Dieu lui donne des soldats qui marchent sous sa conduite. Ainsi, pour ne pas reculer devant tant de périls et de difficultés, il lui faut un très grand courage et un secours signalé du Seigneur.

(Sainte Thérèse d’Avila : Livre de la Vie, cha. 11)